Nicolas Caloia

  • Ottawa, Ontario, Canada, 1968
  • Interprète (contrebasse)

Depuis 1990, Nicolas Caloia travaille à élaborer une musique nouvelle à partir de textures conçues pour canaliser des improvisations collectives. L’objectif est une musique qui tient à la fois de l’improvisé et du composé, de la pop et de l’avant-garde, du bon et du mauvais. Il souhaite que cette musique puisse nourrir le corps, l’esprit, mais d’abord et avant tout, le cœur. À Montréal, Caloia a travaillé comme instrumentiste, compositeur et organisateur, s’étant également produit en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Il a enregistré et joué dans une multitude de contextes avec les musiciens de création les plus renommés de Montréal et du monde entier. Ses concerts et ses multiples enregistrements ont été salués par la critique ici et à l’étranger. Actuellement, l’essentiel de son travail comme compositeur et improvisateur s’articule à travers les projets suivants: le Ratchet Orchestra — un ensemble de 20 musiciens; Tilting — le Quatuor Nicolas Caloia; Ring — un sextuor; Spell — une fanfare de 10 musiciens; Mercury — un duo avec Lori Freedman, ainsi que des performance en solo.

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À Montréal

Dossier de presse

Soirée «Beat Generation» chez Supermusique

Par Normand Babin in Montréalistement (Québec), 14 mars 2014
… ces petits moments de pure alchimie poético-musicale.

De plus en plus et depuis bientôt longtemps, les genres musicaux se mélangent et s’influencent les uns les autres. Le compositeur, contrebassiste et improvisateur Nicolas Caloia présentait hier soir en première une suite de sept mises en musique de textes poétiques de Geneviève Letarte: Les bonnes histoires. À peu près tout ce qui a marqué la musique au cours des 50 dernières années pouvait être soutiré de cet immense mash-up éclectique. Le jazz, du be-bop au free-jazz, la techno déconstructiviste ou funky, la musique de cabaret couleur berlinoise ou stravinskienne, le théâtre musical, la comédie musicale et j’en passe et j’en oublie. Tous étaient conviés dans une sorte de musique fusion, comme on parlerait de cuisine fusion.

En apéro, on entend d’abord un Prologue ou chacun est mis à nu dans un contre-emploi. Les maîtres improvisateurs que sont Lori Freedman et Jean Derome s’astreignent à une petite ritournelle de foire circassienne, tandis que le vocaliste Gabriel Dharmoo qui n’a pas nécessairement la formation vocale pour ce type de technique, chante en voix de tête à tue-tête. Dérangeant, ce premier volet trouve sa résolution dans le dernier, Soir Bleu, où les deux improvisateurs, Derome au saxophone et Freedman à la clarinette basse, transforment leurs sons en cris d’animal blessé dans une poursuite vers l’abîme inénarrable. Ça fait mal au ventre. Le vocaliste semble réellement inquiet de ce qui se passe sur scène. Il reprend sa mélopée en voix de tête, qui trouve ici tout son sens.

Entre les deux, de très belles musiques aussi. Dans le troisième mouvement, Fragment de ciel, un blues où le contrebasiste, Caloia, installe un léger problème d’arythmie cardiaque, tous les musiciens improvisent et se libèrent de la partition. On y ressent une réelle poésie. Le compositeur nous convie finalement, on commence à le comprendre, à une soirée de lecture musicale poétique. Un peu comme Allan Ginsberg pouvait le faire avec un Thelenious Monk dans les années 60, les musiciens collent leurs rythmes et leurs mélodies aux sons des mots. À moitié récité et chanté par Gabriel Dharmoo et Jean Derome, le texte est déconstruit. Ici le compositeur semble avoir appliqué les techniques d’écriture musicale de l’époque baroque au texte contemporain. Contrepoint textuel, mouvement de mots en fusée, spirale de syllabes, cette partie était une des plus réussies de toute la soirée.

Également notable et merveilleux, le cinquième mouvement, Se répand au soleil, un mouvement exclusivement musical, au fait un duo pour électronique et piccolo. Un groove funky, presque pas atypique donne une base merveilleusement solide pour que Jean Derome déploie de façon magistrale un scat flûté, une partie de jambe en l’air de sons aigus. Les trop peu nombreux spectateurs sont rentrés chez eux avec, encore en bouche, ces petits moments de pure alchimie poético-musicale.