Les Poules: Les contes de l’Amère loi

  • Lundi 1 juin 1987
Auberge de l’Île du Repos
Alma

Les Poules jouent en 1987 à Montréal, à Alma et à Victoriaville, dans le cadre du Festival international de musique actuelle. Formé de trois des cinq membres de Wondeur Brass, soit Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Palardy Roger, cette expérience parallèle à Wondeur Brass et qui se prolongera, exploite à fond la philosophie de la liberté d’expression, de l’autoprovocation et de la spontanéité.

Le nom même du groupe ainsi que celui de leur album «Les contes de l’amère loi», donnent le ton à des pièces anti-séductrices où l’on retrouve jeux de mots et dérogations tant langagières que musicales. D’abord sous la forme d’un album où se juxtaposent musique programmée et improvisation, la formation se produit aussi sur scène dans le même esprit de canevas ouverts et d’improvisation extrême.

Dossier de presse

Des musiciennes actives et rotatives qui travaillent à se faire pousser les dents

in Activité culturelles de l’Auberge Île du Repos (Québec), 1 juin 1987

«Ici la provocation est un geste volontaire. […] Ici la musique est une liberté apprivoisée. Il s’agit de savoir casser la coquille et se répandre sans jamais se briser. Et si on parle d’oeuf, celui de la poule requiert 21 jours d’incubation. J’admire une telle efficacité, une telle spontanéité.» Ce sont là les mots de Diane Labrosse, qui forme avec Joane Hétu et Danielle Roger le trio Les Poules. Efficacité et spontanéité certes, mais bien plus encore. La musique des Poules en est une sans mégarde, pour la chute de la règle, pour les débordements de la matière, une musique aux gestes rapides, aux sauts périlleux, une ode au parachute.

Toutes trois membres du groupe Wondeur Brass elles explorent ici une approche complètement différente. Au départ, Les Poules c’est essentiellement une énergie de studio. Six mois en atelier, Ia rentrée en studio au printemps et un disque: Les contes de I’amère loi, arrivé à éclosion cet automne dans la collection Ambiances Magnétiques et lancé au Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville en octobre 1986. Cet événement souligné par la présence «live» des Poules s’est mérité beaucoup d’attention à Victo et les a poussées à sortir du studio pour présenter Les Poules en show. Un show aux antipodes des démarches populaires, dans la lignée des musiques montréalaises les plus actuelles, les plus éclatées. Une musique hachurée, multidirectionnelle, riche en sonorités bizarres, faite avec imprudences, accidents et hasard. Rien n’est figé, le leitmotiv de ce recueil naïf et méchant de musiques nouvelles c’est l’improvisation. La matière a été retravaillée jusqu’à la gravure de l’album, alors en show, elle sera retravaillée.

Avec Les Poules: «Attention!!! Travaux, ne laissez pas la panique s’emparer de vous… restez dans le mouvement des choses».

Les Poules: Joane Hétu (du souffle, une force, une femme, un instrument, un timbre, de I’énergie. Fait de la musique inutile et aime Simone de Beauvoir): saxe alto, synthétiseur CS-5, voix. Danielle Roger (Once upon a time she had an idea and once upon this idea she had a time): batterie acoustique et électronique RX 11, synthétiseur Poly 6, voix. Diane Labrosse (piano électrique à 25 ans. Un premier band à 28 ans, un deuxième à 30. Convertie au synthétiseur à 32 ans. De plus en plus synthétisée à 33. Midisée à 34 et POULE à 35): synthétiseurs CZ-5000, Poly 6, DX7, voix.