Rencontre Joane Hétu - Chris Cutler

  • Vendredi 9 avril 1999

Première partie: Duo René Lussier et Chris Cutler
Deuxième partie: Duo Joane Hétu et Chris Cutler

La Chapelle
3700, rue Saint-Dominique
  • Samedi 10 avril 1999

Première partie: Trio Christof Migone, Joane Hétu, Chris Cutler
Deuxième partie: Duo Joane Hétu et Chris Cutler

La Chapelle
3700, rue Saint-Dominique

L’intense et déconcertante saxophoniste-vocaliste montréalaise, Joane Hétu, rencontre Chris Cutler, fabuleux batteur-percussionniste britannique. Voix, instruments acoustiques et électroniques, sonorités tissées de contrastes et de timbres multiples sont au rendez-vous. Des musiques imprévisibles construites sur un échange intelligent, un dialogue sensible, vif et tranchant. Un chant vibrant de liberté émerge de ces musiques denses où l’improvisation est toujours au premier plan.

En plus de présenter leur duo, Joane Hétu et Chris Cutler reçoivent deux invités: le remarquable guitariste René Lussier et l’ingénieux artiste sonore Christof Migone.

Participants

  • Joane Hétu, saxophone alto, voix
  • Chris Cutler, batterie acoustique, percussions électroniques
  • René Lussier, guitare électrique
  • Christof Migone, moteurs vocaux, mécaniques et électroniques

Dossier de presse

Un batteur mythique et une musicienne incontournable

Par Alain Brunet in La Presse #166 (Québec), 9 avril 1999

Mercredi 31 mars, 9 h approche. À l’ordre du jour, un petit déjeuner avec une paire insoupçonnée. De quoi s’éveiller d’aplomb. Un batteur mythique et une musicienne incontournable de notre musique actuelle, cela comporte beaucoup plus d’ingrédients actifs qu’un double expresso.

Chris Cutler est en ville pour quelques jours, on a insisté pour que les journalistes puissent le rencontrer. Avec raison le musicien donné une série de concerts de musique improvisée aux côtés de Joane Hétu (voix et sexophone alto), ce soir et demain au Théâtre de la chapelle. D’entrée, le musicien britannique se montre un peu froid. Sa collègue le dit étonné qu’on lui ait calé des rencontres avec les médias dans son planning. Chris Cutler dit n’accorder que très peu d’interviews. Les journalistes l’auraient trop souvent mal cité. Chat échaudé…

Cutler finit par sourire, sa méfiance est moins palpable.«Une histoire d’amitié», amorce-t-il.«Une histoire d’amitié», corrobore-t-elle.

Cutler avait assisté à un concert de Justine (de souche Wonder Brass et dont Joane Hétu faisait partie) lors d’une tournée est-européenne. Depuis lors, des liens se sont tissés entre ce pionnier de la musique actuelle et la branche québécoise du mouvement. Des collaborations se sont concrétisées, et voici ce projet de duo.

«Ce que j’aime de la musique actuelle du Québec, dit Cutler, c’est qu’on y trouve une des rares communautés faciles à circonscrire géographiquement. Il y a chez vous un son que les amateurs de musique actuelle du monde entier peuvent identifier.»

Chris Cutler ne semble pas s’inquiéter de la croissance des publics en musique actuelle. Et préfére causer qualitatif. «Le circuit de la musique actuelle est peut-étre relativement modeste, mais ses bases se sont solidifiées. Ces musiques ont gagné en assurance et en maturité», estime le batteur.

Quant au statut de l’expression sonore qu’il préconise… «Cette communauté de musiciens se retrouve plus ou moins dans la position dans laquelle s’est retrouvée celle du bebop au cours des années 50 et 60. Encore vaguement associée à la musique populaire, encore loin d’une véritable reconnaissance du côté de ladite grande culture.»

Qu’il n’ait crainte. Tôt ou tard, la musique actuelle sera contemporaine à part entière. Et Chris Cutler sera considéré comme l’un des batteurs les plus personnels de sa génération.

En attendant, l’homme vit à petite échelle se contente de faire grandir sa sagesse, bien des années après que le groupe Henry Cow eut embrasé les souterrains du «art» rock européen. Cutler a été de tous les plans, il combat toujours fièrement au front de la musique actuelle. Trêve de chevalerie, à quoi s’attendre pour les spectacles montréalais?

«Il était question de musique totalement improvisée au départ, explique Joane Hétu. Mais Chris a préféré que nous puissions travailler à partir d’un minimum de structure. Alors je me suis mise au travail, et j’ai passé quelques semaines à imaginer les formes que prendrait cette musique—en partie improvisée.» Intenses et courtes répétitions en tandem, quelques conœrts en région et voilà le travail.

Les affranchis

Par Nicolas Tittley in Voir (Québec), 8 avril 1999

Ils se connaissent depuis une quinzaine d’années, mais, jusqu’à maintenant, ils n’avaient jamais combiné leurs talents de musicien. Pourtant, de part et d’autre de l’Atlantique, sur des instruments complètement différents, le percussionniste britannique Chris Cutler et la saxophoniste montréalaise Joane Hétu ont toujours poursuivi les mêmes buts. Pour ces deux esprits libres, la musique est affaire de recherches et de transgressions. Le premier est un pilier de l’avant-garde, ayant joué avec presque tout le monde, de Fred Frith à Pere Ubu, en passant par les Residents et Dagmar Krause. La seconde, qu’on a pu entendre dans Wondeur Brass, Justine, Castor et Compagnie, et tant d’autres formations, est l’une des pionnières de la musique actuelle québécoise.

«J’ai connu Chris à l’époque de Wondeur Brass et, depuis, on s’est souvent croisés dans les festivals. Chris me parlait fréquemment de son désir de revenir faire un tour au Québec, mais la vraie rencontre, celle où nous avons décidé de faire le projet en duo, c’était à Belgrade en 1997», explique Joane. Rencontrés au tout début de leurs répétitions, les deux musiciens hésitent à définir trop clairement leur démarche, qui garde une part de flou volontaire.

«On entre dans chaque projet avec sa façon personnelle de travailler, mais, finalement, c’est l’ouvre qui nous emmène dans la bonne direction, lance Cutler. Les gens me demandent souvent "À quoi pensez-vous lorsque vous improvisez sur scène?" ou encore "Écoutez-vous les gens avec qui vous jouez?", et je réponds toujours non. En fait, la question ne se pose pas comme ça: tu n’écoutes pas la personne avec qui tu joues, tu écoutes l’ensemble des sons qui sont autour de toi et toutes tes énergies doivent tendre vers le résultat.»

Ce dont on peut être certain, à cette heure, c’est qu’environ la moitié du concert va être improvisée, alors que l’autre sera faite de chansons écrites par Joane. «Des trucs très simples qui reposent sur les mots, comme c’est souvent le cas dans mon travail, explique-t-elle. Mais avec Chris, c’est un projet assez spécial: j’ai fait traduire les textes, mais en anglais, ils sont complètement incompréhensibles. Alors j’ai beaucoup travaillé la sonorité des mots et le rythme, ce qui me semblait incontournable puisque je joue avec un batteur.» Malgré la barrière de la langue, les deux artistes semblent se rejoindre dans leur conception de leur musique et la manière de la diffuser. Il y a vingt ans, alors qu’il ouvrait au sein du légendaire groupe Henry Cow, Cutler fondait le mouvement Rock In Opposition, dont les méthodes allaient influencer toute une génération de musiciens. «On se servait des leçons du punk: c’était l’époque du Do It Yourself, et, pour le genre de musique qu’on jouait, c’était la seule chose à faire, raconte Cutler. Tu peux perdre ton temps à courir d’un major à l’autre en les suppliant de d’exploiter, ou tu peux prendre les choses en main et le faire toi-même. On a privilégié la deuxième solution.»

Quelques années plus tard, à Montréal, le collectif de musique actuelle Ambiances Magnétiques voyait le jour, animé du même esprit d’indépendance. Deux des habitués de cette étiquette rejoindront d’ailleurs le duo Cutler-Hétu: René Lussier, avec qui Cutler a souvent joué, notamment dans les Quatre Guitaristes de l’Apocalypso Bar sera du premier concert, alors que le manipulateur de moteurs et objets électroniques, Cristof Migone, sera de la partie pour le deuxième. En plus des deux soirs au TLC, on les verra à Jonquière et à Québec, où ils enregistreront dans les studios de l’étiquette électroacoustique Avatar. Quant à savoir si un disque naîtra de cet échange, Cutler répond vaguement. «Je n’en sais rien. Y aura-t-il de la pluie demain? Je n’aime pas prédire les choses, parce que je ne veux pas de la pression qui accompagne les projets trop bien définis. Pour le moment, il y a le plaisir de jouer; ensuite, si le besoin s’en fait sentir, il y aura un disque.»

Risques sans périls

Par Catherine Perrey in Ici Montréal (Québec), 8 avril 1999

Avec Fred Frith et John Zorn, Chris Cutler figurerait sûrement au panthéon des actualistes. Membre de la mythique formation Henry Cow qui fit rage jusqu'en 1978, Cutler se commet ensuite avec Art Bears, et dans de multiples formations comme Cassiber ou The EC Nudes, que l'on a pu voir à Vlcto en 1994. La liste est longue et impressionnante. Il est sur tous les fronts dont ceux de la composition et de l'improvisation et a participé à l'enregistrement de plus de 85 disques! Avant tout le monde, il a compris que le nerf de la guerre, c'est la diffusion! L'étiquette ReR Recommended est donc née en 1978 et a semé les graines de l'indépendance et de l'audace aux quatre coins du globe. Tout un CV pour un musicien hors normes qui a en outre facilité la mise en orbite des talents d'ici, maintenant souvent plus connus à l'étranger qu'en terre bleue et blanche.

Étincelles musicales

Joane Hétu et Chris Cutler se sont croisés dans de nombreux festivals et ont à chaque fois émis le vœu de créer des étincelles musicales ensemble. Avec l'aide des productions SuperMémé, c'est maintenant chose faite. Le gâteau sera même un peu plus gros que prévu, René Lussier et Christoph Migone ayant ajouté un peu de farine à la pâte. Joane Hétu a fabriqué la matière de base, six chansons, qui serviront de canevas à l'improvisation. Ce qui convient parfaitement à Cutler, qui aime se compliquer, ou plutôt se complexifier, la vie: «Je suis toujours en quête de nouvelles rencontres, de nouvelles situations. Quelque chose d'intéressant se produit toujours dans une nouvelle situation. C'est de cette manière que l'on apprend. Artistiquement, il est absolument nécessaire d'avoir des problèmes. Il faut se retrouver dans des états où l'on ne se sent pas parfaitement en sécurité, où l'on doit se demander comment aller au-delà du casse-tête posé par un nouveau langage musical, par exemple.» Dans ce contexte, on comprendra parfaitement que Cutler aime tremper ses baguettes à toutes les sauces et s'aventurer en sphère contemporaine, actuelle, improvisatoire, et même en territoire rock'n'roll. Également, on comprendra aisément que la liberté et le sens aigu du défrichage et de I'aventure sonore revendiqués par Joane Hétu l'aient interpellé et qu'il se soit engagé dans ce duo singulier.

Cette rencontre a tout pour séduire les amateurs de musique actuelle de I'audace, de l'intransigeance et du travail sans filet. S.V.P. Iaissez vos pantoufles à l'entrée!

What is musique actuelle?

Par Chris Yurkiw in Montreal Mirror (Québec), 8 avril 1999

Chris Cutler is what you would call a pillar of musique actuel- to use a phrase from Quebec that’s catching on around the globe. A member of a small but worldwide web of uncompromising musicians who… hang on-we’ll get to that in a sec.

Let’s just stick with Cutler as case study for the moment, a rock kid in late-’60s London who dumped psydhedelia for an even more wacked course that began with a «26-piece rock composers’ orchestra" and then membership in the mythic’70s band Henry Cow (with cohort-ever-since Fred Frith), whose tag line was «dada blues."

The 51-yeor-old Cutler is also a theory-head, a writer of articles and papers and criticism with a bent toward music and technology and anything that would purport to be «progress" in the said domain. Since 1978 he’s been the president and CEO of ReR Megacorp, a one-man music industry which includes the label and distribution company Recommended Records and the ReR Record Quarterly «sound magazine."

Oh yeah-he’s also a drummer and a percussionist, a playa of the studio-as-instrument who’s collaborated with just about anyone you could name under the artuelle sun (Québécois René Lussier and Jean Derome, Americans Zeena Parkins and Amy Denio, Japanese Otomo Yoshihide and Keiji Haino, and too many Brits and Euros to mention) and has made some 85 albums. Who better to ask then, «What is this thing called musique actuelle?"

«This area of music," says Cutler, «whatever it is, includes things which are counted as contemporary music, as improvisation, as rock. Generally speaking, there’s some kind of genre leakage involved, where different things get mized up together. Which makes it hard to define because by its nature it partakes of qualities of things that, in their centre, are regarded as different forms, but at their fringes, come together. Things leak together at their edges, and the most interesting things which are happening are at the most experimental fringes of the old, separate forms when they’re brought together. And they’re being brought together because of recording technology and the etectrification of instruments-that’s my thesis."

Another thesis of Cutler’s is that good ol’ rock music is the Iynchpin in all of this, what with its relatively short history, lack of formal rules and institutionalization, concurrence with electronic technology, and hence generally eager embrace of influences from other genres. You know-when was the last time you heard a sitar in a jazz jam?

«It was rock that produced a lot of the musicians which we are now calling musique actuelle," says Cutler. «Not all of them but a lot of them enough of them that it’s now a community that probably doesn’t think of itself as a rock community any more, and which has its own kind of musical language."

Joane Hétu and friends

Par T’cha Dunlevy in The Gazette (Québec), 5 avril 1999

Artist, saxophonist, writer, singer and composer Joane Hétu has been active in the music industry since 1980. She was a founding member of the musical groups Wondeur Brass, Justine, Les Poules and La Légende de la Pluie, with which she toured Europe and recorded several albums.

Since 1990, she has been leading and writing for the quartet Castor et Compagnie, which consists of herself, Jean Derome, Diane Labrosse and Pierre Tanguay. She recorded two albums with the group on the Ambiances Magnétiques label. She has recorded many other albums, including Dice (Ishtar Records), a compilation of contemporary women composers.

Besides being an active musician for the Ambiances Magnétiques label, she is also a director of DAME, a distribution house for the label. She is also a co-director of Les Productions Super-Mémé, which produces new music concerts in and around Montréal.

Chris Cutler, a percussionist from England and a pioneer in the new music werld since 1972, performs with Hétu this week. They are joined by guitarist René Lussier on Friday and sound-effects artist Christof Migone on Saturday to form a trio of voice, acoustic and electric instruments.

Joane Hétu et Chris Cutler: une rencontre sur scène qui promet

Par Manon Guilbert in Le Journal de Montréal (Québec), 2 avril 1999

Après s’être croisés depuis plus de dix ans dans différents festivals internationaux de musique actuelle, Joane Hétu saxophoniste et chanteuse et Chris Cutler, batteur et percusionniste, réalisent le projet de jouer ensemble.

À Jonquière, ce soir et à Québec, le 3 avril pour se retrouver au Théâtre de La Chapelle le 9 et 10 avril, Joane Hétu est heureuse de rencontrer sur scène ce musicien.

«Nous nous connaissons depuis longtemps, dit-elle. C’est le premier musicien international qui s’est intéressé, à l’époque, au travail des Wonder Brass. Dans le réseau de musique actuelle, tous les musiciens se rencontrent régulièrement. En mai 1997, alors que nous nous retrouvions ensemble à Belgrade, je lui ai proposé de venir à Montréal.»

Chris Cutler, percussionniste britannique, est une figure dominante de la musique actuelle, depuis 1972. Avec Joane Hétu, ils se sont entendus pour équilibrer les parties musicales écrites et les improvisations.

Ils proposeront un répertoire de six nouvelles pièces. Le 9 avril, le guitariste René Lussier se joindra à eux pour exécuter une pièce en trio. Le 10 avril, Christof Migone, musicien électro-acoustique, ajoutera sa touche minimaliste au jeu des deux musiciens.

Entre les concerts de Jonquière et de Québec, Joane Hétu et Chris Cutler sont invités par le studio Interférence Sardine pour enregistrer quelques pièces qui serviront de canevas. «C’est un désir qui était là, latent. C’est chouette, conclut Joane Hétu de rencontrer un musicien d’une telle envergure. C’est enrichissant. J’étais mûre pour un tel projet.»

Baguettes magiques

Par Nicolas Houle in Voir (Québec), 1 avril 1999

Véritable ambassadeur de la musique actuelle, le percussionniste Chris Cutler est de passage à Québec. Ie temps d'une collaboration avec la saxophoniste Joane Hétu. Balises sur une route rarement empruntée.

«L'art n'est pas un miroir. C'est un marteau», scandait-il, jadis, avec ses comparses de Henry Cow. Près d'un quart de siècle s'est écoulé depuis et l'aphorisme du cinéaste John Grierson sied toujours à la démarche artistique de Chris Cutler. Faisant de son art un mode de vie qui force le respect, où le marteau est tour à tour celui du pionnier, celui du manoeuvre et celui du socialiste, le percussionniste s'efforce de véhiculer sa musique sans concession aucune.

Cutler roule sa bosse depuis la fin des années 60. Mieux connu pour ses années passées au sein des Cow, il a collaboré à une multitude de projets musicaux, près d'une centaine, toujours en marge des créneaux imposés par l'industrie. Plus qu'un musicien, il est un activiste qui s'acharne à déployer et à maintenir les infrastructures nécessaires à la diffusion de la musique actuelle. C'est dans cette optique qu'il crée, en 1978, sa propre maison de disque et de distribution, RéR/Recommended Records. Les efforts du percussionniste transcendent les frontières, il parvient à établir un réseau de contacts qui s'étend aux quatre coins du globe. Au passage, il donne le souffle nécessaire à la naissance de diverses étiquettes de musiques nouvelles, dont Ambiances Magnétiques au Québec. Pour Cutler, les étiquettes indépendantes jouent un rôle clé car elles contribuent à unir les artistes au sein d'une communauté active et permettent de définir ses tendances.

Lorsqu'il troque ses baguettes pour la plume, Cutler se fait théoricien et critique. Son essai, File Under Popular, ainsi que ses divers articles publiés dans le RéR Quarterly ou dans la revue Unfiled témoignent d'une philosophie musicale peu commune. Il considère l'avènement de la musique écrite comme une injustice sociale elle nécessite l'acquisition d'un savoir et impose des normes. L'arrivée de l'électronique, qui permet la gravure et la diffusion des sons, restaure la libre circulation de l'art musical. Accessible de nouveau sans préalable académique, la musique peut être tantôt imitée, tantôt refaçonnée par le biais de la prestation ou du travail en studio. Elle redevient donc un produit collectif en éternelle mutation.

La lecture des différentes théories de Cutler s'avere un complément indispensable à la bonne compréhension de sa démarche. L'improvisation «nibiliste» qu'il n'a eu de cesse de raffiner, des Art Bears à aujourd'hui, ainsi que la recherche de sonorités nouvelles l'ont mené à maintes collaborations, différentes étapes d'un seul et même work in progress. Parmi celles-ci, soulignons ses associations avec Gong, Ottomo Yoshide, Père Ubu et The Residents. Au milieu des années 80, il rejoint son vieux compagnon Fred Frith et participe à un premier projet en sol québécois, Les Quatre Guitaristes de l'Apocalypso-bar. Depuis, Cutler revient au Québec régulierement pour travailler auprès des Jean Derome, René Lussier et compagnie ou pour présenter ses nouvelles musiques comme il l'a fait au FIMAV en1994.

Cela faisait un bon moment que Chris Cutler et Joane Hétu se promettaient un duo. C'est maintenant chose faite, Drue est né. Ces jours-ci, les deux musiciens font vibrer les murs du studio Avatar de leurs singulières improvisations, question d'y pondre un album. Le fruit de cette rencontre sera offert au public dans le cadre de la se édition des Soirées de musique fraiche, à laquelle participera également Interférence Sardine.

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