Ça frappe

  • Mercredi 25 mars 2009
    20h30
La Sala Rossa
4848, boulevard Saint-Laurent, 3e (près de l’angle Saint-Joseph)
Elliott Sharp en concert, une chance unique de le voir à Montréal.

Dans le cadre des «Concerts/lancements de disques», en collaboration avec DAME et SALA, PSM présente le duo Berthiaume + Sharp et le trio Lauzier + Martel + Tétreault. Ceux qui ont vu Elliott Sharp au dernier festival de Victoriaville savent de quel bois il se chauffe. Chercheur sonore, passant du hardcore au minimalisme, il fait partie de la scène de la new music newyorkaise auprès des John Zorn et Zeena Parkins. Sharp qui n’est pas venu à Montréal depuis 2002 jouera avec Antoine Berthiaume, un de nos plus prometteurs guitaristes. BASE est un impressionnant duo où des ondes sonores se croisent rappelant les constructions et l’intensité de Xenakis. En première partie, un trio incandescent réuni par Philippe Lauzier. Des instrumentistes subtils et ingénieux dont l’approche bruitiste et poétique évoque les ambiances sonores d’une usine désaffectée.

Dossier de presse

Elliott Sharp et Antoine Berthiaume au cœur de la turbine

Par Alain Brunet in La Presse (Québec), 25 mars 2009
un concert «ancré dans l’immédiat autour d’un dialogue guitaristique» entre Elliott Sharp, figure centrale de la musique d’avant-garde aux États-Unis, et Antoine Berthiaume, jeune musicien montréalais dont le dynamisme est à la hauteur de la vision.

Les Productions SuperMusique proposent ce soir un concert «ancré dans l’immédiat autour d’un dialogue guitaristique» entre Elliott Sharp, figure centrale de la musique d’avant-garde aux États-Unis, et Antoine Berthiaume, jeune musicien montréalais dont le dynamisme est à la hauteur de la vision.

Depuis les années 80, les mélomanes qui fréquentent les festivals de musique d’avant-garde (dont celui de Victoriaville) ont été mis au parfum des nombreux projets d’Elliott SharpOrchestra Carbon, Tectonics, Terraplane. Qui plus est Sharp est un pionnier dans les transpositions musicales de la géométrie fractale (qui étudie les formes irrégulières et morcelées), de la théorie du chaos et autres métaphores génétiques.

Rien de tel pour l’apéro!

Blague à part, le travail d’Elliott Sharp est sollicité par de nombreux ensembles qui jouent ses œuvres dont l’ensemble de la renommée Juilliard School ou encore le Jack Quartet, nouveau quatuor à cordes bien en vue dans le milieu musical américain.

D’entrée de jeu, on lui rapporte cette impression d’avoir pénétré à l’intérieur d’un moteur d’avion ou dans la turbine d’un réacteur nucléaire. C’était à l’écoute de certaines pièces de Base, un album créé par Sharp et Berthiaume (étiquette Ambiances Magnétiques) et lancé ce soir à l’occasion du concert prévu à la Sala Rossa.

«Au centre d’un réacteur? Voilà une belle façon d’illustrer notre travail… mais j’ose croire que nous invitons aussi l’auditeur à fréquenter des lieux plus accueillants! Textural, dites-vous? Absolument. Lors des sessions d’enregistrement, nous avons emprunté cette voie où les guitares génèrent des textures sonores, mais je dirais que ça s’est passé davantage dans la post-production de cet album. Le mixage, il faut dire, a mis encore plus d’emphase sur cette dimension du jeu. J’ai donné à Antoine et l’ingénieur du son mon aval pour accomplir ce dont ils avaient envie», explique le musicien américain.

L’album Base, à l’origine, est une initiative du guitariste et compositeur montréalais Antoine Berthiaume. Membre fondateur du groupe Rodéoscopique (country folk instrumental d’avant-garde?), féru de jazz et d’improvisation libre, le guitariste et compositeur ne cesse de s’exprimer sur les scènes des musiques improvisées. Parmi ses collaborateurs, on citera Pierre Tanguay, Michel Donato, Fred Frith, feu Derek Bailey, Takumi Seino et, bien sûr, Elliott Sharp.

«Antoine m’a contacté il y a quelques années. Il m’a d’abord fait parvenir sa musique, notamment ses enregistrements avec feu Derek Bailey. Et j’ai beaucoup aimé ce que j’ai entendu. Puis il m’a visité à New York, nous avons eu une première séance d’improvisation. Ce fut concluant dès le départ, j’ai réalisé qu’il était un guitariste accompli, doté d’une écoute singulière», raconte son collègue new-yorkais.

Avis aux amateurs qui préféreraient écouter Base au salon, la résultante sur scène pourrait s’avérer fort différente.

«Chaque discipline comporte ses qualités propres, insiste Elliott Sharp. Le processus de remixage, par exemple, peut modifier les impressions d’un enregistrement. Cette idée de présenter la musique de différentes manières me plaît, et je dirais préférer le «live». Le concert trouve d’ailleurs une nouvelle énergie par les temps qui courent, particulièrement à cause de la dépréciation de la musique circulant sur l’internet.»

Ce qui n’empêchera pas Elliott Sharp et Antoine Berthiaume de lancer leur album ce soir. Bienvenue au cœur de la turbine…

SuperMusique’s Dueling Guitars

Par Adam Kinner in The Gazette (Québec), 25 mars 2009

The folks at SuperMusique, a production company responsible for some great improvised and new music concerts, are presenting a show on Wednesday the 25th at Sala Rossa.

Called Ça Frappe, the concert features one of our more ambitious local guitarists, Antoine Berthiaume, in concert with the great Elliott Sharp. Sharp is a fascinating guitarist, composer, and improviser known for ingenuity and cross-genre agility. He’s as comfortable having his work played by the Ensemble Modern as he is playing guitar with his blues band Terraplane. Like Marc Ribot and Bill Frisell, Elliott Sharp is another mature guitarist with a voracious appetite and impeccable taste. Alongside Berthiaume, Sharp should find a suitable partner in music-making. The local is one of the best we have to offer.

Philippe Lauzier (saxes, clarinets), Martin Tétreault (turntables) and Pierre-Yves Martel (viola de gamba) will open the show.