Pierre-Yves Martel: Plans d’immanence

  • Samedi 3 décembre 2011
    20h00
  • Dimanche 4 décembre 2011
    20h00
Chapelle historique du Bon-Pasteur
100, rue Sherbrooke Est
Une carte blanche à Pierre-Yves Martel qui nous présente la création de Plans d’immanence.

Plans d’Immanence est une œuvre imaginé par le compositeur et gambiste Pierre-Yves Martel. Réunissant cinq jeunes musiciens-chercheurs à la croisée des musiques ancienne, baroque, contemporaine et improvisée, cette œuvre originale, non écrite, se définit comme une exploration des concepts baroques. Car l’intention portée par Pierre-Yves Martel est bien de dépouiller ce mouvement caractérisé par son exubérance pour révéler, déplier sa structure.

«Le trait du Baroque, c’est le pli qui va à l’infini», notait le philosophe Gilles Deleuze.

Le grain des cordes de boyau, le souffle mêlé de sifflement des instruments à vent, les résonances sympathiques des cordes, la percussion mate de l’archet sur le bois… Ce sont ces textures, comme autant de plis, qui se cachent derrière la matérialité de l’œuvre, à la façon d’un origami dont l’apparente complexité de formes naît d’une simple feuille de papier. Ces Plans d’immanence, librement inspirés du vocabulaire deleuzien, renverraient ainsi aux conditions de possibilité de l’objet musical: là d’où jaillit sa présence.

Pour ce projet, Pierre-Yves Martel s’entoure de musiciens familiers de l’improvisation contemporaine sur instruments anciens. Le déploiement d’un nouveau langage musical passe notamment par la préparation instrumentale, le détournement de certains objets de facture industrielle ou encore la (ré) invention de gestes significatifs dans le jeu.

L’artiste expérimente dans une approche minimaliste, comparant son procédé de travail à celui d’un compositeur en électro-acoustique: «je compose des concepts, des images sonores; je choisis, j’organise, je trie, je sculpte». Recueil de sons, déconstruction, re-fabrication, étirement, contraction, mise en résonance, auxquels mouvements et couleurs ne sont nullement indifférents.

Une fois le vocabulaire baroque épuré, restent donc des continuums, des lignes, des points et contrepoints, des fuites, des bruits ou des silences. Une expérience d’écoute aux confins de la suite baroque et de la musique bruitiste…

Partenaire:

Dans le cadre de la saison

Programme

    • 1. Première suite
      • 1. Ouverture
      • 2. Multiphoniques
      • 3. Univocité
      • 4. Souffle
      • 5. Continuum I
      • 6. Gravure
      • 7. Allemande
    • 2. Deuxième suite
      • 1. Machine
      • 2. Gavotte
      • 3. Voltige
      • 4. Continuum II
      • 5. Sarabande
      • 6. Continuum III
      • 7. Folia

Dossier de presse

Néo-baroque post-moderne

Par Réjean Beaucage in Voir (Québec), 1 décembre 2011
Encore et toujours à redécouvrir!

Le gambiste Pierre-Yves Martel utilise certaines particularités des musiques baroques pour créer des œuvres tout à fait actuelles.

Certains ensembles de chez nous prennent plaisir à mêler musiques ancienne et moderne pour arriver à un nouvel alliage; Constantinople est de ceux-là. Avec une démarche qui s’appuie sur des recherches musicologiques poussées, mais dans l’optique de poursuivre un processus de création ou, comme c’est le cas cette fois-ci, de déconstruire les pratiques baroques pour leur faire jouer une autre musique.

Le projet Plans d’immanence est attribuable à Pierre-Yves Martel, un membre de Constantinople qui s’est allié aux Productions SuperMusique pour monter un ensemble formé d’instrumentistes qui, comme lui, ont un pied dans le baroque et l’autre bien ancré dans le présent. Si on l’a connu contrebassiste aux côtés du joueur de tourne-disque Martin Tétreault ou de l’improvisateur tous azimuts Jean Derome, on l’a aussi vu à la viole de gambe au sein des Voix baroques ou de La Nef. Aujourd’hui, il ne joue plus que de cet instrument. «J’ai arrêté la contrebasse il y a près de trois ans, explique-t-il, parce que ça devenait compliqué de gérer les deux instruments, et puis il y a plus de cordes sur la viole, et ce sont des cordes de boyau, qui ont plus de caractère».

Le fait de jouer d’un instrument ancien n’a pas enlevé au musicien son désir d’explorer de nouvelles possibilités musicales, et c’est ce qui nous vaut ce projet apparemment paradoxal, où des instruments anciens jouent de la musique actuelle. «Ça fait plusieurs années que je veux faire un projet avec d’autres musiciens qui, comme moi, s’intéressent à ce genre d’hybridation, et cette coproduction m’en offre enfin l’occasion». Autour du gambiste, on verra Ben Grossman à la vielle à roue baroque, Amy Horvey à la trompette, Terri Hron à la flûte à bec et Kim Myhr à la guitare. Martel base son travail sur l’utilisation de ce qui pourrait passer pour des imperfections de la musique (du glitch baroque!) et il se sert aussi de la spatialisation (un concept baroque qui fait encore fortune en électroacoustique, par exemple). «Le projet est vraiment fait pour ces musiciens-là et le résultat est un collage des idées que nous avons eues en discussion; des plans de durée, d’intention, de texture. Et c’est fait avec des instruments que l’on n’entend jamais en musique contemporaine». Encore et toujours à redécouvrir!