SuperOption 1

  • Jeudi 7 novembre 2002
    22h00
  • Vendredi 8 novembre 2002
    22h00

NomaMOTS

Noma & Tom Walsh

Le groupe Noma est reconnu pour son langage moderne et ses multiples talents. De Ellington à Zappa, des Grateful Dead à John Zorn, le public a cherché longtemps à décrire le style musical de Noma et a trouvé ceci: un tiers jazz, un tiers musique actuelle et un tiers Heavy Groove.

Dans le cadre de la série SuperOption, une co-production PSM, actuellecd et Contextural Music

Une première dans la vie du groupe: la présence d’invités. En effet, Martha Wainwright et Michael J. Browne interprètent avec l’ensemble les toutes nouvelles chansons de Noma.

Les concerts seront enregistrés en direct et les meilleurs extraits seront inclus sur le nouveau CD de Noma; le lancement aura lieu en mars 2003, sur étiquette Ambiances Magnétiques.

La vitesse des particules et les formes libres douées de sens se propagent!

La Sala Rossa
4848, boulevard Saint-Laurent, 3e (près de l’angle Saint-Joseph)

Participants

  • Noma
  • Tom Walsh
  • Martha Wainwright
  • Michael J Browne
  • Samedi 16 novembre 2002
    21h30

Geneviève Letarte: Chanson d’un jour

Dans le cadre de la série «SuperOption»

Simples et mélodieuses, les Chansons d’un jour de Geneviève Letarte sont à la fois actuelles et accessibles. Portées par la voix de l’auteur, elles nous transportent dans des atmosphères enveloppantes aux accents parfois nostalgiques, pour nous parler d’amour et de contemplation, de quête et d’étrangeté, des petites et grandes absurdités de l’existence.

Le Va-et-vient
3706, rue Notre-Dame Ouest

Participants

  • Mardi 26 novembre 2002
    21h30

Ipso Facto

La musique d’Ipso Facto est une véritable spirale dans laquelle on retrouve à la fois l’intelligence des compositeurs classiques, la liberté des jazzmen et la folle émotion des musiques du monde. Les improvisations, les rythmes latins, les mélodies gitanes, juives et bartokiennes se succèdent frénétiquement et laissent une impression envoûtante. De plus, la musique intègre agréablement des influences de Stephan Grappelli et Django Reinhardt. De la musique gitane endiablée au klezmer remanié, en passant par le tango et le bluegrass ludique, Ipso Facto est un groupe d’instrumentistes virtuoses au service de l’imaginaire musical. Enivrez-vous!

La Sala Rossa
4848, boulevard Saint-Laurent, 3e (près de l’angle Saint-Joseph)

Participants

  • Ipso Facto (David Bussières, guitares; Chantal Bergeron, violon; Simon Dolan, contrebasse; Francis Roberge, percussions)
  • Vendredi 6 décembre 2002
    22h00

WINoma

Noma & Tom Walsh

Le groupe Noma est reconnu pour son langage moderne et ses multiples talents. De Ellington à Zappa, des Grateful Dead à John Zorn, le public a cherché longtemps à décrire le style musical de Noma et a trouvé ceci: un tiers jazz, un tiers musique actuelle et un tiers Heavy Groove.

Dans le cadre de la série SuperOption, une co-production PSM, actuellecd et Contextural Music

Un invité surprise a le privilège de diriger, improviser et même de mixer l’ensemble en direct.

Les concerts seront enregistrés en direct et les meilleurs extraits seront inclus sur le nouveau CD de Noma; le lancement aura lieu en mars 2003, sur étiquette Ambiances Magnétiques.

La vitesse des particules et les formes libres douées de sens se propagent!

La Sala Rossa
4848, boulevard Saint-Laurent, 3e (près de l’angle Saint-Joseph)

Participants

  • Noma
  • Tom Walsh
  • Martha Wainwright
  • Michael J Browne
  • Vendredi 13 décembre 2002
    20h30

Fred Frith + Jean Derome + Pierre Tanguay

Dans le cadre de la série «SuperOption»

Concert électrisant à La Sala Rossa avec…

Le 13 décembre à La Sala Rossa dans le cadre de sa série SuperOption, Productions SuperMusique présente une rencontre fulgurante entre trois improvisateurs iconoclastes, Fred Frith, Jean Derome et Pierre Tanguay. La musique de cette rencontre inédite est traitée en direct par un preneur de son audacieux, Bernard Grenon. De plus, la maison de disque DAME profite de cette soirée pour lancer le disque de Fred Frith, Jean Derome, Pierre Tanguay et Myles Boisen: all is bright, but it is not day.

Dirigé, inspiré et animé par l’exceptionnel Fred Frith, ce trio est une rencontre rare entre trois fous de l’improvisation. Le mélange de la tendance jazz de Tanguay et Derome avec celle plus rock décapant de Frith produit une musique qui est au cœur du courant de la musique actuelle.

Fred Frith a développé sa propre façon d’improviser. Depuis son premier enregistrement de guitare solo en 1974, il a été perçu comme un innovateur radical et doué. En trente ans, sa démarche l’a amené à travailler avec des artistes fameux intéressés par les mêmes processus de création et ce, partout dans le monde. Le compositeur-saxophoniste Jean Derome et le percussionniste Pierre Tanguay font partie de ce groupe d’artistes. Derome et Tanguay jouent ensemble dans une multitude de projets depuis 1980. S’appuyant sur une communication intuitive, résultat de leur longue amitié, Jean Derome et Pierre Tanguay établissent toujours une joyeuse ambiance faite à la fois de précision et de liberté.

Bernard Grenon est un preneur de son et un mixeur à la fois sensible et audacieux. Directeur des productions culturelles La Smala et de l’étiquette de disque monsieur fauteux m’entendez-vous? il est aussi le preneur de son remarqué de Marie-Jo Thériault et de Nathalie Derome. Il prend ici le rôle de Myles Boisen, preneur de son lors de l’enregistrement du disque all is bright, but it’s not day. La rencontre de Frith, Derome et Tanguay, ces trois musiciens d’expérience, avec Grenon produit une musique explosive et psychédélique. En effet, le traitement du son en temps réel est une donnée fondamentale, puisque les nouvelles matières sonores qui en résultent produisent un effet radical sur la perception de la musique. Attachez vos tuques!

Aussi: lancement du CD Ambiances Magnétiques «All is bright, but it is not day»

La Sala Rossa
4848, boulevard Saint-Laurent, 3e (près de l’angle Saint-Joseph)
  • Samedi 14 décembre 2002
    20h30

Fred Frith + Jean Derome + Pierre Tanguay

Dans le cadre de la série «SuperOption»

Concert électrisant à La Sala Rossa avec…

Le 13 décembre à La Sala Rossa dans le cadre de sa série SuperOption, Productions SuperMusique présente une rencontre fulgurante entre trois improvisateurs iconoclastes, Fred Frith, Jean Derome et Pierre Tanguay. La musique de cette rencontre inédite est traitée en direct par un preneur de son audacieux, Bernard Grenon. De plus, la maison de disque DAME profite de cette soirée pour lancer le disque de Fred Frith, Jean Derome, Pierre Tanguay et Myles Boisen: all is bright, but it is not day.

Dirigé, inspiré et animé par l’exceptionnel Fred Frith, ce trio est une rencontre rare entre trois fous de l’improvisation. Le mélange de la tendance jazz de Tanguay et Derome avec celle plus rock décapant de Frith produit une musique qui est au cœur du courant de la musique actuelle.

Fred Frith a développé sa propre façon d’improviser. Depuis son premier enregistrement de guitare solo en 1974, il a été perçu comme un innovateur radical et doué. En trente ans, sa démarche l’a amené à travailler avec des artistes fameux intéressés par les mêmes processus de création et ce, partout dans le monde. Le compositeur-saxophoniste Jean Derome et le percussionniste Pierre Tanguay font partie de ce groupe d’artistes. Derome et Tanguay jouent ensemble dans une multitude de projets depuis 1980. S’appuyant sur une communication intuitive, résultat de leur longue amitié, Jean Derome et Pierre Tanguay établissent toujours une joyeuse ambiance faite à la fois de précision et de liberté.

Bernard Grenon est un preneur de son et un mixeur à la fois sensible et audacieux. Directeur des productions culturelles La Smala et de l’étiquette de disque monsieur fauteux m’entendez-vous? il est aussi le preneur de son remarqué de Marie-Jo Thériault et de Nathalie Derome. Il prend ici le rôle de Myles Boisen, preneur de son lors de l’enregistrement du disque all is bright, but it’s not day. La rencontre de Frith, Derome et Tanguay, ces trois musiciens d’expérience, avec Grenon produit une musique explosive et psychédélique. En effet, le traitement du son en temps réel est une donnée fondamentale, puisque les nouvelles matières sonores qui en résultent produisent un effet radical sur la perception de la musique. Attachez vos tuques!

Aussi: lancement du CD Ambiances Magnétiques «All is bright, but it is not day»

Le Va-et-vient
3706, rue Notre-Dame Ouest
  • Dimanche 9 février 2003
    20h30

Klaxon Gueule

Dans le cadre de la série «SuperOption»

Le Va-et-vient
3706, rue Notre-Dame Ouest
  • Dimanche 9 mars 2003
    20h30

Trio Lori Freedman

Dans le cadre de la série «SuperOption»

Lori Freedman, clarinettiste virtuose, est reconnue internationalement comme étant une des plus créatives. Son trio avec les ingénieux et audacieux improvisateurs Caloia et Palardy Roger fait montre d’une rare sensibilité et d’une complicité remarquable. Subtil.

Ce trio a donné naissance au groupe FReC.

Le Va-et-vient
3706, rue Notre-Dame Ouest
  • Vendredi 14 mars 2003
    20h30
  • Samedi 15 mars 2003
    20h30

Chansons de la belle espérance

Les 14 et 15 mars 2003 dans le cadre de sa série SuperOption, PSM présente Pierre Cartier avec ses Chansons de la belle espérance. Il est accompagné par cinq musiciens virtuoses qui sont aussi des complices de longue date: Jean Derome, Bernard Falaise, Jean René, Pierre Tanguay et Tom Walsh.

Qui peut prétendre ne pas frémir à l’écoute d’une chanson d’amour aux sonorités anciennes, à la manière des poètes lyriques courtois? Puisant dans la sincérité du cœur, Pierre Cartier présente ici un spectacle sur l’amour à la manière des jazzmen.

Pierre Cartier est un compositeur profond et passionné. Oubliez ce qui vous vient à l’esprit quand vous entendez les mots amour et chanson, et imaginez plutôt une voix douce où la mélancolie est une force; imaginez une structure musicale empruntée au jazz; une façon de chanter qui rappelle la chanson française (Léo Ferré, par exemple) et le tout enveloppé d’une intensité presque liturgique et vous aurez une idée des chansons de Pierre Cartier.

Les poètes choisis par Cartier pour ses Chansons de la belle espérance sont des artistes engagés qui ont marqué leur époque. La démarche de Cartier vise à confronter directement leurs poèmes à la dynamique du jazz actuel, à l’énergie de la musique. Après la solennité de ses œuvres antérieures, Chansons de Douve et «Dis, Blaise…» chanson du Transsibérien, Chansons de la belle espérance se veut plus libre et romantique. Une façon de chanter l’amour différemment.

Voici donc un spectacle sensible aux dimensions plus grandes que soi. Accompagné par des musiciens qui figurent parmi les plus renommés et les plus imaginatifs de la scène de la musique actuelle internationale, Pierre Cartier nous livre une véritable performance en jouant de la contrebasse tout en chantant.

La démarche artistique

La musique de Pierre Cartier est le lieu de convergence des démarches qu’il poursuit depuis le début de sa carrière. D’abord contrebassiste de formation classique, spécialiste en musique ancienne sur instruments originaux, le désir de jouer la musique comme on parle sa langue maternelle, avec liberté, naturel et intelligence, le mène d’une part de la musique symphonique aux musiques baroque et contemporaine, et d’autre part, du jazz aux problématiques fécondes de l’improvisation libre. En 1987, il fonde son propre ensemble et, autour de ses compositions instrumentales, développe une intégration très personnelle des langages musicaux.

Cependant c’est par le chant, voix et texte réunis, que cette intégration deviendra véritablement organique, une mobilisation à la fois de l’esprit et du cœur. La découverte de ses affinités profondes avec les chants sacrés anciens, particulièrement le chant grégorien et les polyphonies primitives, accompagne sa première œuvre pour voix Chansons de Douve, un cérémonial grave et majestueux qui s’est déployé autour des poèmes magnifiques d’Yves Bonnefoy.

Son plus récent projet, «Dis, Blaise…» chanson du Transsibérien, mettait aussi en musique un long poème de Blaise Cendrars et ce projet a certainement été pour lui une étape déterminante puisqu’il prenait la parole en solo pour la première fois, tout en jouant de la contrebasse. Avec les Chansons de la belle espérance, il s’agit maintenant pour Cartier d’aborder un autre aspect du rapport entre la musique et la poésie, un aspect plus simple, plus près de la chanson comme telle, avec des poèmes relativement courts et autonomes. Outre Chansons de Douve et «Dis, Blaise…», Pierre Cartier a produit trois disques: Dirigeable, Chanson du fil et Les fleurs du tapis. On peut l’entendre dans les formations Les Dangereux Zhoms de Jean Derome, le trio Évidence consacré à la musique de Thelonius Monk, et le Studio de musique ancienne de Montréal.

Les poètes

Apollinaire, Guillaume (1880-1918)
Poète, romancier et critique d’art, Guillaume Apollinaire milite pour le renouveau de l’art. Sa poésie fait volontiers appel à un vocabulaire prosaïque, emprunté à la vie quotidienne ou au progrès technique. Les références mythologiques et chrétiennes sont fréquentes, mais réactualisées, intégrées au XXe siècle. Sa poésie est souvent une expression de la souffrance et d’une foi mystique qui se cherche. Il préfère les vers libres et inaugure le monostiche (strophe d’un seul vers). Il publie Alcools sans ponctuation. Les Surréalistes le consi-déraient comme leur précurseur.

Garneau, Michel (1939)
Michel Garneau est écrivain, metteur en scène et chansonnier. À partir de 1954, il anime des émissions pour différentes chaînes radiophoniques du Québec et se consacre à l’écriture scénique et poétique. Il exploite dans son théâtre une langue québécoise riche et crue, entrecoupée de poèmes. Dans sa poésie, et particulièrement dans Le phénix de Neige, imaginaire et réalité quotidienne se mêlent, favorisant l’émotion simple plutôt que les grands accents lyriques. Déjà en 1977, avec Les petits chevals amoureux, il s’écartait des conventions rythmiques et thématiques d’alors.

Lapointe, Paul-Marie (1929)
Paul-Marie Lapointe s’interroge très tôt sur la société. Flirtant volontiers avec le terrorisme verbal, son attaque libératrice peut encore aujourd’hui se lire comme le catéchisme d’un esprit libre. Il est considéré comme un des prédécesseurs de la révolution tranquille et sa poésie est plus visuelle qu’orale. Il a participé à la fondation de la revue Liberté et a fait partie de l’équipe des Éditions de l’Hexagone. Son œuvre comprend entre autres: Le vierge incendié et le recueil Le Réel absolu.

Miron, Gaston (1928-1996)
Dans les années 1950, Gaston Miron fonde avec ses compagnons, l’Hexagone, qu’il dirigera jusqu’en 1983. Grand poète et militant pour la cause de la langue française, il participe activement à la révolution tranquille et passe entre autres par les domaines de la politique, de l’édition et de l’écriture. Il fait partie de ceux qui ont organisé la Rencontre des poètes canadiens en 1968, et La nuit de la poésie en 1970. Il fait partie des 400 personnes arrêtées dans le cadre de la Loi des mesures de guerre. L’Homme rapaillé est son recueil le plus connu.

Perrault, Pierre (1927)
Réel, cinéma, poésie, parole: voilà quatre mots pour résumer l’œuvre essentielle de Pierre Perrault. Fleuve, histoire, peuple, pays sont les autres qui nous viennent à l’esprit. Autrement dit, le Québec. L’œuvre de Perrault est éminemment poétique et philosophique. Parallèlement à sa production cinématographique (Le Règne du jour, Les Voitures d’eau, L’Acadie, l’Acadie?!?, Un pays sans bon sens), Perrault nourrit une œuvre littéraire remarquable: recueils de poèmes, transcription annotée de ses films, œuvres dramatiques, essais sur l’objectif documentaire, etc.

La Sala Rossa
4848, boulevard Saint-Laurent, 3e (près de l’angle Saint-Joseph)
  • Dimanche 13 avril 2003
    20h30

Duo I8U / Magali Babin

Dans le cadre de la série «SuperOption»

Voici une fantastique rencontre entre deux musiciennes innovatrices de Montréal: Magali Babin, manipulant les micros contact et l’amplification du métal et I8U, créant des vagues sonores numériques traitées par des filtres analogiques. Des musiques inouïes et aussi minimalistes que géantes!

Le Va-et-vient
3706, rue Notre-Dame Ouest

Participants

  • i8u, échantillonneur, traitement
  • Magali Babin, électronique, divers objets métalliques
  • Dimanche 11 mai 2003
    20h30

Off the Cuff

Dans le cadre de la série «SuperOption»

La voix humaine est fascinante. La chanteuse jazz Christine Duncan et la vocaliste DB Boyko sont deux spectaculaires virtuoses de la voix, de réelles exploratrices des sons. Avec Martin qui combine la percussion avec les sons de tourne-disques, le trio présente une alternative rafraîchissante à l’improvisation. De Wagner aux bruits de cuisine.

Le Va-et-vient
3706, rue Notre-Dame Ouest
  • Dimanche 1 juin 2003
    20h30

Les Poules

Dans le cadre de la série «SuperOption»

Trois improvisatrices de grand calibre composent en direct un paysage sonore constitué d’enchevêtrements de sons électroniques et acoustiques, de crépitements et bruissements, de brassages et frottages, de jeux de bouches et chuintements.

Les Poules est un trio composé des musiciennes Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Palardy Roger. Ces instrumentistes compositrices improvisatrices travaillent ensemble depuis 1980. Leur complicité est légendaire et leurs explorations musicales sont toujours à l’avant-garde. Elles enchevêtrent sons synthétiques et acoustiques, crépitements et bruissements d’échantillonneur, brassages et frottages de percussions, vocalises, jeux de bouches et chuintements de saxophones. L’effet de leurs mixtures et ambiances sonores est prodigieux: un tissu de sons tressés par des instruments que l’auditeur à parfois peine à identifier.

Le Va-et-vient
3706, rue Notre-Dame Ouest

Dossier de presse

L’intérêt mitigé de la frange

Par François Tousignant in Le Devoir (Québec), 16 avril 2003

C’est en un lieu un peu rare, rue Notre-Dame, à l’ouest du marché Atwater, que les sympathiques SuperMémés nous invitaient pour la première d’une série de trois manifestations baptisées SuperOption. Le nom le dit bien, on ne va pas là pour du conventionnel. On se présente les oreilles ouvertes pour le risque, pour sentir vers quoi le vent peut tourner, pour entendre les nouvelles visées d’une génération autre que celle des circuits établis.

Cela stimule parfois, cela désole d’autres fois. Dimanche soir, le spectacle a laissé un peu tiède. La description tient en peu de chose. Sur des fonds atmosphériques à évolution très lente, sorte de décor pour les événements qui se déroulent, de petits riens vont doucement émerger. Partout, la forme est généralement la plus simple: du doux au fort et on arrête, ou encore du fort au doux et c’est la fin. L’organisation des présentations est aussi symétrique: deux improvisations en duo encadrent deux prestations solo.

Première constatation: le geste semble très important. I8U bouge la main au-dessus d’un de ses appareils et ses mouvements modifient le son, qu’il soit d’origine synthétique ou fourni par les minuscules objets de Magali Babin. Pour produire des sons, cette dernière, en effet, manipule des billes, une sorte de cordier et que sais-je encore. Un intérêt vient donc de la naissance même du phénomène sonore. En cela, l’ajout de la vidéo, qui pourrait mieux nous montrer le comment de la chose plutôt que de nous laisser devant des instants parfois déconcertants de subtilité quasi imperceptible, ajouterait une piste d’orientation à l’écoute fort bienvenue.

Pas d’illumination dans ces improvisations. Une exploration timide, en demi-teintes atmosphériques qui sont un peu toutes comme des excroissances actuelles des explorations d’un certain Stockhausen (quelque part entre Stimmung et Oktophonie), de bien des «idées» de Cage, voire du Pink Floyd d’Echoes. Si cela reste terne, une certaine finesse point qui demanderait à mieux s’afficher. En cela, je prends en exemple le solo de Magali Babin où, malgré les interférences de la sonorisation (rien n’est parfait…), on a pu s’intéresser à ce minimalisme intuitif même s’il n’arrive pas à faire éclore toute sa sensibilité.

On peut dire la même chose de son jeu à bille de la première improvisation, avec d’intrigants traitements de frictions et de pincements de cordes.

Face à elle, I8U s’avère beaucoup trop conventionnelle. Elle se contente de faire jouer les machines, d’imposer un peu sa loi et ses processus alors que sa collègue suit timidement.

On se met donc à tourner en rond dans un tunnel qui possède certaines fenêtres entrevues sans qu’aucun des protagonistes n’arrive à utiliser les rais de lumière que celles-ci laissent passer, tamisant tout comme si les musiciennes manquaient d’aplomb en scène. On sort donc pas trop convaincu de l’état des choses, un peu comme si une expérience de laboratoire avait quelque peu avorté. On sentait le terreau riche de potentiel; il manquait la flammèche qui aurait fait naître la flamme afin qu’on assiste à autre chose qu’un sympathique déploiement de lutherie qui demande à être mieux mis en évidence et un résultat sonore qui lui est trop subordonné.

Pierre Cartier: Chansons de la belle espérance

in montrealplus.ca (Québec), 13 avril 2003

Qui peut prétendre ne pas frémir à l’écoute d’une chanson d’amour aux sonorités anciennes, à la manière des poètes lyriques courtois? Puisant dans la sincérité du cœur, Pierre Cartier présente ici un spectacle sur l’amour à la manière des jazzmen.

Pierre Cartier est un compositeur profond et passionné. Oubliez ce qui vous vient à l’esprit quand vous entendez les mots amour et chanson, et imaginez plutôt une voix douce où la mélancolie est une force; imaginez une structure musicale empruntée au jazz; une façon de chanter qui rappelle la chanson française (Léo Ferré, par exemple) et le tout enveloppé d’une intensité presque liturgique et vous aurez une idée des chansons de Pierre Cartier.

Les poètes choisis par Cartier pour ses Chansons de la belle espérance sont des artistes engagés qui ont marqué leur époque. La démarche de Cartier vise à confronter directement leurs poèmes à la dynamique du jazz actuel, à l’énergie de la musique. Après la solennité de ses œuvres antérieures, Chansons de Douve et «Dis, Blaise…» chanson du Transsibérien, Chansons de la belle espérance se veut plus libre et romantique. Une façon de chanter l’amour différemment.

Voici donc un spectacle sensible aux dimensions plus grandes que soi. Accompagné par des musiciens qui figurent parmi les plus renommés et les plus imaginatifs de la scène de la musique actuelle internationale, Pierre Cartier nous livre une véritable performance en jouant de la contrebasse tout en chantant.

Mur du son

Par François Couture in Ici Montréal (Québec), 13 avril 2003

Le chanteur et contrebassiste Pierre Cartier propose pendant deux soirs ses Chansons de la belle espérance, un répertoire dévoué à l'amour. Ce nouveau concert se veut plus un tour de chant qu'une œuvre cathédrale et en cela promet d'étre très différent de ses cycles consacrés à Yves BonneFoy (Chansons de douve) et à Blaise Cendrars (Dis, Blaise…). Le but avoué est d'adapter en ballades jazzy piquées d'avant garde les mots de poètes tels Garneau, Miron et Apollinaire. Cartier sera accompagné de Jean Derome (saxo et flûte), de Jean René (alto), de Tom Walsh :(trombone), de Bernard Falaise (guitare) et de Pierre Tanguay (batterie).

Duo pas ordinaire

Par François Tousignant in L’Agenda (Québec), 12 avril 2003

Les machines et les ordinateurs envahissent notre vie quotidienne comme artistique. Hors de ce lieu commun parfois servile, il se trouve des aéateurs pour inventer de nouveaux moyens de les utiliser et explorer des territoires inouïs, sinon neufs, où se conjuguent inventivité, créativité, imagination et création. Magali Babin reléve le défi de produire une séance musicale en duo avec l'échantillonneur de I8U. Elle se sert d'objets métalliques qu'elle fait résonner, vibrer… en direct, et I8U transforme les sons de cette lutherie non orthodoxe en temps réel. Au tour alors de cette performeuse nouveau genre de répondre et de dialoguer avec le «programme» et ce que renvoient les haut-parleurs. Cela est organisé par SuperOptions et se calfeutre en un lieu propice pour découvrir ou partager de nouveau les vues, visées et récents développements d'une manière de penser et de faire encore toute nouvelle. À entendre et à voir, car le geste est ici souvent moteur de la stimulation sonore.

Une autre façon de voir l’amour

Par Alexandre Vigneault in La Presse (Québec), 14 mars 2003

Poursuivant une quête poétique amorcée il y a une dizaine d’années avec Chansons de Douve et, plus récemment, Dis, Blaise, chanson du Transsibérien, le contrebassiste Pierre Cartier présente sa nouvelle création, ce soir, à la Sala Rossa. Le musicien très actif dans le monde du jazz et de la musique actuelle propose aujourd’hui une autre manière d’envisager l’amour.

Chanson de la belle espérance, un titre emprunté à un vers de Michel Garneau, part d’un constat: la plupart des grands standards du jazz sont des chansons d’amour issues de Broadway ou Hollywood. Entouré de cinq complices de longue date (Jean Derome, Bernard FaIaise, Jean René, Pierre Tanguay et Tom Walsh), Pierre Cartier a eu envie de créer ses propres chansons jazz et d’explorer ce grand sentimenl humain.

Les mots qu’il va chanter, il les a presque tous empruntés à des poètes connus: Michel Garneau, Pierre Perrault, Paul-Marie Lapointe, Gaston Miron et Guillaume Appollinaire. Un seul texte est de son cru. Le point commun entre tous les poème ? Ils posent un «regard critique», sur l’amour. C’est-à-dire qu’ils débordent des visions égocentriques et étroites de l’amour centrées sur la tension, I’érotisme, la perte ou le romantisme.

«La Chanson de Marie de Pierre Perrault, ça parle du temps et de la vie, pour moi, c’est une chanson d’amour, expose le musicien. L’amour, c’est plus qu’une seule personne, c’est un lieu de transformation et de fécondité. Pas seulement au sens d’avoir des enfants, le rapport entre deux personnes peut lui-même être fécond.»

Du point de vue musical, Chanson de la Delle espérance sera vraisemblablement plus serré que Dis Blaise…, une longue œuvre qui se déployait pendant une heure trente. Pierre’Cartier a écrit des musiques plus construites, avec des suites d’accords et des motifs qui se répètent. Des chansons à saveur jazz… moderne. «La poésie emmène la musique dans différentes directions et crée une suite de tableaux, dit-il. C’est comme une visite de musée: tu traverses les salles en repassant parfois aux mêmes endroits. C’est plus accessible que ce que j’ai fait avant.»

Chanson de la Belle espérance est présenté ce soir et demain à la Sala Rossa. Le concert de ce soir sera enregistré par la Chaîne culturelle de Radio-Canada et sera diffusé plus tard en soirée aux Décrocheurs d’étoiles, I’émission du poète Michel Garneau.

Pierre Cartier

Par Réjean Beaucage in Voir (Québec), 13 mars 2003

Chanson et musique actuelle ne font pas toujours bon ménagé, c’est connu. Pourtant, après ses Chansons de Douve sur des textes d’Yves Bonnefoy et la Chanson du transibérien avec ceux de Blaise Cendrars, le contrebassiste Pierre Cartier persiste et signe avec ses Chansons de la belle espérance. C’est que le contrebassiste que l’on a pu voir à la SMCQ ou à l’OSM, entre deux concerts avec les Dangereux Zhoms ou un autre combo actualiste, est aussi chanteur à ses heures. Il invite donc ses comparses Jean Derome, qui laissera sans doute ses petits bidules bruitistes de côté cette fois-ci pour se concentrer sur sa flûte et son sax, Jean René (alto), Tom Walsh (trombone), Bernard Falaise (guitare) et Pierre Tanguay (batterie). à venir interpréter la musique qu’il a composée pour ce nouveau tour de chant. Rien pour décoiffer, mais des airs jazzés servis par des musiciens qui vous surprendront si vous ne connaissez de la musique actuelle que ses avatars les plus tordus. Avec des textes de Michel Garneau, Paul-Marie Lapointe, Pierre Perrault, Gaston Miron et Guillaume Apollinaire. Ça fait changement de Luc Plamondon…

Où est Lori?

Par François Couture in Ici Montréal (Québec), 27 février 2003

Née à Toronto en 1958, Lori Freedman a mené pendant 15 ans sa carrière d’interprète et d’improvisatrice entre Winnipeg et Vancouver, jouant d’abord dans des orchestres symphoniques avant de former le duo Queen Mab avec la pianiste Marilyn Lerner. Puis, en septembre 2001, la virtuose de ta clarinette basse fait le saut vers l’est. Pourquoi? «Parce que les fois où j’ai joué ici, j’ai remarqué une diversité suffisante pour nourrir mes intérêts artistiques, explique-t-elle. J’ai entendu des voix fortes et enjouées venant des milieux du classique contemporain et de la musique actuelle, ainsi que beaucoup de collaboration entre ces deux mondes.»

Cet esprit de décloisonnement est au centre de deux événements auxquels elle participe ces jours-ci. Premier en lice: Tentacules.o4, ce jeudi, qui vise à brouiller les limites entre musique contemporaine, élec. troacoustique et électronica. Elle y présente un trio avec Martin Tétreault et Cléo PalacioQuintin qui sera repris à la mimars à la Casa del Popolo. Puis ce sera Montréal/Nouvelles Musiques, un festival qui présente des concerts en musique classique, électroacoustique et actuelle. La clarinettiste y apparait trois fois plutôt qu’une: avec la SMCQ, avec le flûtiste Robert Cram et dans le projet Nouvelle Musique d’hiver de Joane Hétu. A cheval entre composition, interprétation et improvisation, la carrière de Freedman représente bien cet idéal anti-sectaire. «Nous occupons une place minuscule dans l’Univers, alors vaut mieux chercher à être aussi grand, à embrasser le plus de choses possible, tout en conservant notre intégrité!»

Tout sauf ordinaire

Par François Tousignant in L’Agenda (Québec), 8 février 2003

Cela s’appelle Klaxon gueule, avec tous les jeux de mots que vous pouvez faire à l’aide de ces deux vocables. Trois amis se mettent ensemble pour interpréter leurs compositions improvisées dans un genre qui sort de toutes les frontières en utilisant tout à leur disposition. Du rock au baroque, tout peut se produire. Michel F Côté à la batterie électronique, Bernard Falaise à la guitare électrique et Alexandre St-Onge à la basse préparée proposent de partir dans un curieux voyage. S’ils connaissent un peu le parcours, les détours de sentiers sont ceux des moments où l’improvisation prend le pas sur le canevas et nous entraine on ne sait trop où. C’est une des joies de la découverte que nous ont préparée les Productions SuperMusique pour sortir un peu de l’ordinaire grisaille.

Compact!

Par François Couture in Ici Montréal #6:17 (Québec), 30 janvier 2003

Ce disque a été enregistré à Oakland, alors que les Montréalais Jean Derome et Pierre Tanguay rendaient visite au guitariste Fred Frith. Dans le studio, l’ingénieur Miles Boysen est devenu le quatrième membre du groupe en triturant les sons des improvisateurs en temps réel. Le résultat est étonnant, captivant et amusant. Le jeu entre réalité (performance) et virtualité (manipulation, montage) ne cesse d’étonner tant la frontière devient floue. Surtout, ce disque allie avec brio musique exigeante et divertissement. Très fort.9/10

Critique

Par David Cantin in Le Devoir (Québec), 11 janvier 2003
Il faut se laisser prendre au jeu de ces virtuoses…

Pour les amateurs de musique actuelle, cette combinaison de musiciens possède les attributs nécessaires pour convaincre sans la moindre hésitation: d’un côté, le guitariste-compositeur Fred Frith, de l’autre, les Québécois Jean Derome au saxophone ainsi que Pierre Tanguay à la batterie. On tient là des improvisateurs de haut calibre avec, comme membre en retrait, le preneur de son Myles Boisen. Enregistré directement sur deux pistes, All Is Bright, But It Is Not Day témoigne d’une rencontre intéressante entre le jazz expérimental, le rock avant-gardiste et les dernières trouvailles en matière d’électroacoustique. Est-ce facile d’accès? Pas vraiment. Il faut se laisser prendre au jeu de ces virtuoses qui inventent un registre austère et précis. Après quelques écoutes, la spontanéité du contenu se libère d’un certain poids compassé. Par la suite, on se demande pourquoi cette musique ne se libère pas davantage de ses racines européennes. Une recherche impeccable, peut-être un peu trop soucieuse de son passé iconoclaste. Entre improvisation contemporaine et effets psychédéliques.

Guide CD

Par François Couture in Ici Montréal (Québec), 12 décembre 2002
Cette musique explore des textures douces-amères…

Rares sont ceux qui croyaient voir un jour un nouveou disque des Poules, 16 ans après leurs premiers coquètements. Depuis, nos chers volatiles ont connu plusieurs aventures, ensemble et séparément, au sein des différents projets d’Ambiances Magnétiques. Il faut donc comprendre que le nouveau poussin piaille de façon bien différente. On nous présente neuf improvisations en demi-teintes, prolongement du travail de Diane Labrosse avec Martin Tétreault dans Parasites et de la Musique d’hiver de Joane Hétu. Cette musique explore des textures douces-amères sans sombrer dans le réductionnisme européen. Et les vocalisations de Hétu restent l’un des trésors les plus déstabilisants de la musique actuelle d’ici.

Critique

Par Réjean Beaucage in Voir #6:10 (Québec), 12 décembre 2002
… on sait que Fred Frith, Jean Derome et Pierre Tanguay sont capables de déployer une assez vaste quantité de sons étranges.

Si on les connaît un peu, on sait que Fred Frith, Jean Derome et Pierre Tanguay sont capables de déployer une assez vaste quantité de sons étranges. Le guitariste, le saxophoniste et le percussionniste ne s’en tiennent pas souvent qu’à ces seuls instruments et aiment utiliser de nombreux gadgets qu’ils triturent par des techniques connues d’eux seuls. Si en plus le preneur de son, en l’occurrence Myles Boisen, se met de la partie pour maquiller les sons et les balader d’un haut-parleur à l’autre, improvisant en direct avec le trio comme matière première, le résultat est assez surprenant. Enregistré directement sur deux pistes, il combine la spontané de l’improvisation instrumentale avec un travail sur la texture sonore proche de l’électroacoustique. À expérimenter en concert à la Sala Rossa le l3 décembre.

Frith alors!

Par François Couture in Ici Montréal (Québec), 12 décembre 2002
Cette musique explore des textures douces-amères…

Le guitariste Fred Frith fait une rare visite à Montréal, le temps d’une rencontre, de deux concerts et du lancement de l’album All Is Bfight, But It Is not Day en compagnie de Jean Derome et de Pierre Tanguay.

Pilier de la musique actuelle internationale, rénovateur ds la guitare électrique depuis la parution du premier disque de Henry Cow en 1973, Fred Frith est un compositeur et improvisateur dont la renommée n’est dépassée que par celle de John Zorn. Au cours des 30 dernières années, il a gravé plusieurs classiques, dont Gravity (1980), Step across the Border (1990) et Stone, Brick, Glass, Wood, Wire (1999).

Frith entretient une relation privilégiée avec le Festival international de musique actuelle de Victoriaville, mais ses passages à Montréal se font rares. «Je ne me rappelle plus à quand remonte ma demière visite. Je suis assez souvent à Victo, mais Montréa… peut-être avec le quatuor de guitares à New Music America, en 1989? Non, je suis sûr qu’il y a eu quelque chose depuis, mais je l’ai oublié!> Cela dit, Frith comme Jean Derome depuis ses premiers contacts avec la scène montréclaise, au milleu des annéss 80. Interviewé d’Oakland (Californie) où il enseigne la composition au Mills Colleges, il explique la naissance de ce nouveau trio: «Jean m’a contacté parce qu’il venait avec Pierre Tanguay à Vancouver, pour me demander s’il y avait une possibilité de jouer à Mills. On en était trés content car […] justement j’étais en train de parler du Qébec dans mon séminaire sur la musique et l’identité culturelle. Ils ont fait un concert avec mon ensemble d’étudiants, c’était fabuleux. Et puis nous avons joué en trio dans un petit club à Oakland le jour suivant. Je voulais profiter de leur présence pour enregistrer quelque chose, mais cela me semblait plus intéressant d’explorer un autre genre d’expérience que l’improvisation pure.»

Cette expérience consistait à laisser à l’ingénieur assis au pupitre de mixage la possibilité de traiter ies improvisations en temps réel par des manipulations par ordinateur. Frith a utilisé le même concept pour le disque Digitol Wildlife de son trio Maybe Monday, paru l’an demier. Dans les deux cas, I’ingénieur Myles Boisen est devenu un membre du groupe à part entière: all improvisait et nous étions ses instruments», confirme le guitariste.

All Is Bright, But It Is not Day a été enregistré en février 2001. Depuis, le trio ne s’est produit qu’une seule fois, au festival de Guelph (Ontario), en septembre. Boisen ne fera pas partie du voyage, mais pour le concert du 13 à la Sala Rossa, le trio sera complété par Bernard Grenon à la prise de son et aux manipulations. Le concert du 14 prendra une tout autre allure. Dans l’ambiance intime du Va-et-Vient, Frith, Derome et Tanguay seront laissés à eux-mêmes, sons électronique, voire carrément détranchés: «Je jouerai de la guitare acoustique. Au point de vue approche, ce sera très différent.»

À l’ecoute du disque, on constate que ce trio n’a pas peur de s’amuser. Les appeaux, jouets et petits objets de Derome ainsi que les crocs-en-jambe rythmiques de Tanguoy peuvent parfois pousser l’improvisotion jusqu’au ludisme enfantin (voir leur duo Plinc! Plonc! paru l’an dernier). Y a-t-il encore une place pour la joie de vivre et l’humour dans les musiques créatives en 2002? «Ah, l’humour, soupire Fred Frith. L’artiste Richard Long à dit quelque chose que j’aime beaucoup: «Je ne crois pas que l’on puisse séparer l’enfance de l’âge adulte. Je crois que l’on demeure la même personne tout au long de notre vie. Avoir de l’humour ne veut pas dire que notre musique ne peut pas être «sérieuse» ou «profonde». Cela veut seulement dire que l’on ne se prend pas au sérieux!»

Steak Frith

Par Réjean Beaucage in Voir #6:10 (Québec), 12 décembre 2002

Improvisateur, compositeur et aujourd’hui professeur, le Britannique Fred Frith est une figure incontournable de la musique actuelle depuis trois décennies. Il débarque chez nous avec une toute nouvelle parution bien québécoise, enregistrée en compagnie de musiciens d’ici pour le compte de l’étiquette Ambiances Magnétiques.

Fred Frith est certainement l’un des musiciens les mieux connus de la scène de la musique actuelle. A travers des dizaines de collaborations avec la crème des improvisateurs et des artistes parmi les plus créatifs, il a élaboré une impressionnante discographie où Henry Cow, Art Bears, Skeleton Crew et Massacre côtoient Étron Fou Leloublanc, The Residents et John Zorn, entre beaucoup d’autres. Il sera à Montréal ce vendredi 13 pour le lancement du disque All is bright but it is not day; qu’il a enregistré avec Jean Derome, Plerre Tanguay et le préneur de son Myles Boilsen. Le disque paraot chez Ambiances Magnétiques (voir chronique Disques).

Je l’ai joint à son bureau de Mills College, à Oakland en Californie, où il enseigne la composition, la littérature musicale du 2Oe siècle («et du 21e!») et les techniques d’improvisation. Vraiment, la musique actuelle mène à tout! Mills College est un peu le centre du courant expérimental en musique moderne, explique-t-il. Il y avait Lou Harrison et John Cage dans les années 50, Steve Reich aussi un peu plus tard, et au poste que j’occupe, mon predécesseur était Anthony Braxton, et le sien, terry Riley.» Le moins qu’on puisse dire est que Frith est en bonne compagnie sur cette liste. Parmi ses fonctions, ii dirige le Contemporary Music ensemble de Mills, qui compte 25 musiciens auxquels il apprend ies vertus respectives des musiques écrite et improvisée. «Et tout ce qu’il y a entre les deux, ajoute le guitariste. Parce qu’à mon avis, des deux côtés il y a un mouvement vers un terrain commun. Les musiciens de formation classique veulent de plus en plus connaître l’improvisation parce que c’est de plus en plus fréquemment demandé dans le répertoire contemporain. Ça ne se voit pas encore beaucoup dans les salles de concert, mais la prochaine génération le verra davantage. Et ceux qui sont plutôt dans l’électronique et la récupération ont aussi intérêt à pouvoir traduire leur pensée dans plusieurs contextes musicaux, parce que s’il y a une chose qui est sûre, c’est que pour survivre dans le monde de la musique, il est préférable de ne pas être trop specialisé! Moi, par exemple, je suis performer, compositeur de musiques de concert et de musiques de film, professeur, etc. Ça me permet une vie confortable, parce que je ne voudrais pas avoir à me débattre uniquement avec la compétition féroce qui existe dans le monde des musiques de film, par exemple, mais, aussi, chacune de mes activites informe les autres et les enrichit.»

On ne reprochera pas à Fred Frith de se confiner dans un seul univers, c’est certain. Son emploi à Mills College ne l’empêche pas de donner régulièrement plusieurs concerts par mois un peu partout en Amérique et en Europe, en solo ou avec les formations les plus diverses. «Mais ça a toujours été comme ça, enchaîne-t-il. En 1974, j’étais avec Henry Cow, je faisais un disque solo de musique improvisée et j’étais soliste au London Philharmonic Orchestra. Ce n’est probablement pas très différent de l’agenda de Jean Derome ou René Lussier. Je crois que j’ai beaucoup d’affinités avec ces deux-là; on s’intéresse à plein de choses différentes et ce n’est pas par obligation, mais par choix.»

Le plus récent disque laisse une grande place au preneur de son Myles Boisen, qui agissait avec les trois autres improvisateurs comme un quatrième musicien, mélangeant les pistes et sélectionnant ies effets pour un mixage définitif sur deux pistes. Frith a ensuite repris l’enregistrement pour le recomposer (sans pour autant le remixer). «Je pense, depuis le premier moment où je suis entré en ,studio avec Henry Cow au début des années 70, que 1’enregistrement est la grande révolution musicale du 20e siècle. Ça a changé la musique pour toujours. Je pense aussi que faire un disque d’improvisation pure est un acte un peu contradictoire, qui dénature autant l’improvisation, vivante par nature, que l’enregistrement, qui est fixe, comme une composition écrite. Si on ne tient pas compte de cette spécificité de l’enregistrement, on renie le médium même. Je m’intéresse de plus en plus à l’utilisation de l’improvisation comme base de la composition.»

Lors du concert du 13, c’est Bernard Grenon qui prendra la relève de Myles Boisen pour un «mixage extrême» du trio Frith-Derome-Tanguay. Si vous n’y avez jamais réfléchi, vous comprendrez très bien tout le pouvoir qu’a entre les mains le type un peu effacé assis derrière la console dans le fond de la salle… Je demande à Frith quel genre de consignes se donne le trio avant de se lancer dans une improvisation: «Des consignes? Avec des musiciens comme Jean et Pierre, on n’a pas besoin de consignes, ce sont des maitres.» Vous en êtes un autre, professeur.

Review

Par Mike Chamberlain in Hour (Québec), 12 décembre 2002

There’s a scene in the 1990 film Step Across the Border that shows Fred Frith playing with his daughter. The two take turns shaking a rattle and the child pecks away at a keyboard to Frith in clear delight.

In another scene, Frith buys supplies in a Japanese grocery - chopsticks, rice, etc. - but when he gets home, he doesn’t use them to prepare dinner. Instead, he experiments with the sounds his groceries make when they are brought in contact with his guitar.

Taken together, the two scenes illustrate as much or more about Frith is music than any two or three of the hundreds of recordings he has had a hand in over the past 30-odd years, beginning with Henry Cow in the late ’60s and continuing since in collaborations with virtually everyone in the international "popular" avant-garde.

For at the heart of everything that Frith does is a sense of playfulness, and a curiosity about just what he can make happen in the world of sound.

Had he wanted to, Frith, who grew up with a classical education on the violin, could have been a successful rock guitarist. But his restless curiosity and aversion to tried-and-true habits made that question moot from the start. He has been inclined to dissolve projects when they seem to be slipping into formula, without regard for the critical or commercial success involved.

This is not to say that Frith doesn’t have precccupations that have remained consistent over the years. One is the possibility of the recording studio. Another is a concern for the relationship between composifion and improvisation. Which brings Frith to Montréal this week for a pair of concerts and a CD launch with Jean Derome and Pierre Tanguay, as well as a lecture / workshop on improvisafion titled Trouble With Traffic as part of the inaugural week of Project Improvisation, organized by McGill professor Eric Lewis.

The recording with Derome (reeds) and Tanguay (drums) came out of a workshop and concert that the two Montréalers did with Frith’s improv students at Mills Colleqe in Oakland, California. Following the student performance of Derome’s Canot Camping, the three decided to do an improvised performance at a club in Oakland. The next day, they got together at the recording studio of Myles Boisen, with whom Frith has worked since the 1970s.

Frith explains his approach to the recording: "I’m interested in the idea of taking improvised music and composing with it after the fact. Every once in a while I come back to this idea, which I first did with Henry Cow.

"This time, I wanted to do something a little different, so I allowed Myles free rein to do what he wanted with what we were playing by mixing it live and recording it directly to two-track. So as we were playing, we didn’t really know what the final product was going to sound iike, even though there were no overdubs or anything else afterward."

In Montréal, Derome / Frith /Tanguay will perform twice. The first, Dec. 13, 9 p.m., at La Sala Rossa (the lecture/workshop is at La Sala at l p.m.) will use the same process as on the album, with Bernard Grenon electronically manipulating what the trio plays in real time. The second 2 performance, at Va-et-vient on Saturday evening, will be an "acoustic" presentation.

All the music is improvised, so don’t expect to hear them play it "just like the record." Not that Frith ever would. But he will make one concession to commercialism." I think it’s a great idea if people go to both concerts."

Critique

Par Alain Brunet in La Presse (Québec), 23 novembre 2002

Manouche, klezmer, jazz… dans les règles de l’art!

Dans la foulée des expériences néo-manouches, néo-gitanes, néo-klezmer et autres amalgames croisant entre jazz et folklores européens marqués par l’Orient (et qui séduisent nombre de mélomanes québécois depuis quelques années), Ipso Facto révèle un noyau intéressant de musiciens qui lorgnent aussi le bluegrass intello. Sous la gouverne du guitariste et compositeur David Bussières (frérot de la célébrissime Pascale) qui travaille avec la violoniste Chantal Bergeron depuis l’époque où ils étudiaient ensemble à Vincent d’Indy, ce quatuor comprend aussi le contrebassiste Simon Dolan et le percussionniste Francis Roberge. Du bon travail, un coefficient de difficulté plutôt élevé, mais des compositions qui ont tout de l’exercice de style vu la mi-vingtaine de celui qui les signe. Dans les règles de l’art, en somme.

Critique

Par Réjean Beaucage in Voir (Québec), 21 novembre 2002

Le quatuor Ipso Facto est formé de musiciens qui ont de solides formations et une ouverture aux musiques du monde qui leur inspire un son unique et universel. Résolument acoustique, la musique du groupe se métisse d’influences gitanes et latines, le violon de Chantal Bergeron et la guitare de David Bussières semblant danser joyeusement sur les rythmes chauds tenus par le percussionniste Francis Bergeron et le contrebassiste Simon Dolan, avec de temps à autre juste ce qu’il faut de swing pour évoquer le fameux duo Grappelli/ Reinhardt. La prise de son de Bernard Grenon est magnifique. Ipso Facto sera en concert le 26 novembre à 21 h 30 à la Sala Rossa, et on nous promet même pour cette occasion, entre autres interprétations, des musiques de John Zorn.4/5

Compact!

Par Catherine Perrey in Ici Montréal (Québec), 17 octobre 2002
… des musiciens qui ont l’art de faire du bruit délicatement, voire sereinement…

Avec Michel F Côté aux percussions, Bernard Falaise à la guitare et Alexandre St-Onge aux contrebasses, Klaxon Gueule est un trio en activité depuis plus de six ans. Grain est le troisième morceau d’une trilogie jamais déclarée, mais commencée avec Bavards et poursuivie avec Muets. On peut imaginer Grain de plusieurs façons: le grain de sable qui vient perturber l’ensemble, ou le grain qui va donner vie. Un album bruitiste réalisé par des musiciens qui ont l’art de faire du bruit délicatement, voire sereinement, peuplé d’étranges fantômes, de sons produits par une guitare préparée aux bourdons. On ajoute à cela quelques pièces totalement dilatées et ouvertes.

Vitrine du disque

Par David Cantin in Le Devoir (Québec), 21 septembre 2002
Une matière dense surgit de cette osmose entre les textures électroniques et l’improvisation plutôt instable.

Beaucoup plus qu’un simple trio d’improvisateurs, Klaxon Gueule est devenu un ensemble électroacoustique à part entière qui cherche constamment à surprendre et à déstabiliser. Sur Grain, Michel F Côté, Bernard Falaise de même qu’Alexandre St-Onge se retrouvent, de nouveau, pour mieux explorer un territoire sonore imprévisible où le microscopique domine. Ces musiciens doués, en compagnie de Christof Migone et Sam Shalabi, concoctent une trame ambiante où le silence ponctue des sursauts très bruitistes. Enregistrées dans une immense grange à Saint-Jacques-le-Majeur, ces pièces s’emboîtent de manière à rendre possible une équation complexe pleine de failles horizontales. Il faut ainsi bien vouloir se perdre un peu dans ces zones organiques afin d’apprécier la recherche aussi intuitive que stimulante de Klaxon Gueule. Une matière dense surgit de cette osmose entre les textures électroniques et l’improvisation plutôt instable. Un concert-lancement aura lieu le 25 septembre à La Sala Rossa, avec des invités tels Martin Tétreault, Frank Martel et Roger Tellier-Craig, lors de cette prestation unique. Surprises garanties!

Bruits ambiants

Par Réjean Beaucage in Voir #809 (Québec), 19 septembre 2002
Chose certaine, ça risque de faire du bruit.

Le trio Klaxon Gueule lancera mercredi prochain, toujours sur l’étiquette Ambiances Magnétiques, son troisième album. Intitulé Grain, ce plus récent opus poursuit les explorations électroacoustiques entreprises sur le disque précédent, Muets, en les poussant à leur extrême. Si l’on pouvait encore reconnaître des sons d’instruments de percussion et de guitare sur une majorité des pièces de Muets, qui était en complète rupture avec le premier disque du trio, Bavards, la proportion est inversée sur Grain, où le trio de base, composé de Michel F Côté (percussions, MC 505, électronique), Bernard Falaise (guitares) et Alexandre St-Onge (basse, contrebasse et électronique), s’est adjoint les services de deux invités sur cinq des dix pièces de l’album afin d’épaissir les textures électroniques. L’explorateur sonore Christof Migone (Set Fire to Flames) est ici en terrain familier, tandis que Sam Shalabi (Shalabi Effect, Detention) laisse tomber sa guitare pour joindre ses transistors au concert de cliquetis. J’ai rencontré Michel F Côté et Bernard Falaise autour d’un bol de café et de quelques verres de cidre afin de savoir ce que nous réserve le concert du lancement.

«Nos trois disques représentent des étapes précises dans la vie de Klaxon Gueule, explique Côté; il y en a eu d’autres, mais qui n’ont pas été documentées sur disque, c’est pourquoi les transitions d’un disque à l’autre ne sont pas forcément fluides. Sur Grain, il n’y a presque plus de batterie; le seul qui soit resté vraiment fidèle à son instrument, c’est Bernard.» Et Bernard Falaise est depuis longtemps passé maître dans la trituration électronique des sons de sa guitare. Ce dernier ajoute: «Lors de l’enregistrement, on savait pertinemment que l’on faisait des improvisations qui serviraient de base à des remix. On a choisi une douzaine de ces impros et, là-dedans, chacun de nous en a pris quatre ou cinq qu’il a remixées en s’octroyant toute latitude. C’est devenu franchement électronique, mais live, ce sera une autre paire de manches, surtout que le disque a quand même été enregistré en 2000. Les choses ont évolué.»

Qui plus est, le trio aura beaucoup d’invités pour ce concert de lancement. En plus de Migone et Shalabi, qui collaboraient déjà sur le disque, il y aura le joueur de platines Martin Tétreault, vieil acolyte de Côté, le sculpteur de sons Jean-Pierre Gauthier, Frank Martel, qui nous a montré ses talents sur cet étrange instrument qu’est le theremin lors du dernier FIJM, et le guitariste Roger Tellier-Craig (Godspeed You Black Emperor!, Fly Pan Am). Bernard Falaise: «On fera une combinaison de pièces en trio, quintette, etc., et au moins une pièce tous ensemble.» Côté ajoute: «Tous les gens qu’on a invités sont concernés assez clairement par l’esthétique de notre dernier disque. Il y aura beaucoup d’électronique sur scène; tellement, en fait, que moi, je vais apporter ma batterie! On a toujours la volonté d’explorer de nouvelles avenues. Le show sera dans l’esprit du disque, mais on est déjà un peu ailleurs.» Chose certaine, ça risque de faire du bruit.