Canevas 2002 — Rencontres de musiques improvisées

Construit autour de la pianiste Lee Pui Ming de Toronto, de la clarinettiste Lori Freedman de Winnipeg et de la percussionniste Danielle Palardy Roger de Montréal, cette série de concerts met en relief la participation des femmes dans la musique improvisée.

Par le biais de «cartes blanches» offertes à ces trois musiciennes, Canevas 2002 présente quatre soirées de concerts qui nous permettront d’apprécier leur talent et celui de plusieurs autres instrumentistes montréalais, dont l’artiste sonore Chantal Dumas, le contrebassiste Normand Guilbeault, la saxophoniste vocaliste Joane Hétu et la saxophoniste Marie-Chantal Leclair.

  • Mercredi 1 mai 2002

Carte blanche à Danielle Palardy Roger

Centre culturel Calixa-Lavallée
3819, avenue Calixa-Lavallée
  • Jeudi 2 mai 2002

Carte blanche à Lori Freedman

Centre culturel Calixa-Lavallée
3819, avenue Calixa-Lavallée
  • Vendredi 3 mai 2002

Carte blanche à Lee Pui Ming

Centre culturel Calixa-Lavallée
3819, avenue Calixa-Lavallée

Dossier de presse

Canevas

Par Catherine Perrey in Ici Montréal (Québec), 2 mai 2002

Canevas est un événement de musique improvisée. ll s’agit d’une manifestation, calquée sur le modèle du SuperMicMac (présenté en 2001), visant à promouvoir le travail des femmes en improvisation. Et pas n’importe quelles femmes! Lori Freedman, clarinettiste, et Lee Pul Minq, pianiste, forts tempéraments dans leurs domaines respectifs, animeront chacune une soirée Carte blanche. Outre les piliers de la musique actuelle montréalaise que sont Danielle P. Roger et Joane Hètu, les Cartes blanches seront présentées avec Chantal Dumas, digne représentante de l’art audio, Marie-Chantale Leclair, saxophaniste et membre de Miriodor, Aimé Dontigny, membre de Napalm Jazz, et Nicolas Caloia, contrebassiste. Au programme, mercredi 1er mai: Danells P. Roger, Chantal Dumas, Marie-Chantale Leclair. Jeudi 2 mai: Lori Freedman, Nommand Guilbeault, René Lussier. Vendredi 3 mai: Lee Pui Mlnq, Joane Hètu. Et le samedi 4 mai, on rassemble tout ce beau monde.

Notes musiques

Par Réjean Beaucage in Voir (Québec), 2 mai 2002

Un autre événement comme on les aime: talent garanti et concerts gratuits! Les Productions SuperMusique/SuperMémé présentent Caneuas: rencontre de musiques improvisées ces 2, 3 et 4 mai (ça commençait mercredi avec une carte blanche à la percussionniste Danielle P. Roger). Au programme ce 2 mai: la grande interprète et improvisatrice Lori Freedman à la clarinette basse en trio avec le contrebassiste Normand Guilbeault et le guitariste René Lussier (à moins qu'il ne cède sa place à Siseren Ruel son alter ego qui joue de la «plateforme sensible»). Un trio qui risque fort de faire des flammèches. Le lendemain, c'est la pianiste Lee Pui Ming qui prendra le relais, en solo et en duo avec la saxophoniste Joane Hétu, avec qui elle poursuit une collaboration entamée durant le Festival de Jazz l'été demier. Elle en profite pour lancer son disque Who's playing (voir chronique Disques). Le samedi 4 mai, c'est à un septuor que nous aurons affaire avec D. P Roger, L. Freedman et L. P Ming accompagnées de Nicolas Caloia (contrebasse), Aimé Dontigny (trompette), Chantal Dumas (électroniques) et Joane Hétu. Un septuor fractal bourré de promesses que l'on verra en duos, trios, quatuors et pour qui Hétu, Freedman et Roger ont préparé des concepts d'ensemble.

Disques

Par Réjean Beaucage in Voir #16:7 (Québec), 2 mai 2002
Rompue aux techniques du piano, Lee Pui Ming joue avec une grande intensité…

Qu’elle en joue avec le clavier, en triturant directement les cordes ou en frappant dessus comme sur un tambour, Lee Pui Ming ne se sert jamais du piano d’une façon que l’on puisse qualifier de standard. Rompue aux techniques du piano, LPM joue avec une grande intensité, et son imagination ne se limite en effet que rarement à n’utiliser que le clavier de l’instrument. Le disque est lancé ce 3 mai au Centre culturel Calixa-Lavallée dans le cadre de la série de concerts de musique improvisée Canevas (c’est gratuit).

Écrire la musique en temps réel

Par Alain Brunet in La Presse (Québec), 1 mai 2002

Pendant que musiques écrites et improvisées s’entrechoqueront au théâtre La Chapelle, des instrumentistes composeront en direct au coeur du parc Lafontaine, soit au Centre Calixa-Lavallée. Danielle P. Roger, percussionniste, compositrice, productrice et infatigable promotrice de l’expression musicale au féminin, persiste ainsi dans l’organisation de ces rencontres d’instrumentistes.

Les buts de ces Canevas sont les suivants. «D’abord, maintenir la musique improvisée vivante, car improviser, c’est écrire la musique en temps réel, c’est aussi partager le geste avec d’autres instrumentistes», souligne Danielle P. Roger.

«L’improvisation est un geste d’instrumentiste; un compositeur n’a pas nécessairement de pratique instrumentale. Il s’agit donc de trouver un nouveau langage entre instrumentistes.»

«L’autre objectif, poursuit-elle, consiste à mettre en évidence la participation des musiciennes canadiennes dans la musique improvisée. Cet événement s’inscrit d’ailleurs dans la même lignée que le SuperMicMac (réalisé en 2000). Un travail de continuité en quelque sorte.»

Inutile d’ajouter que les femmes invitées à cette série Canevas auront carte blanche.

Et c’est l’instigatrice qui présente le premier Canevas, prévu ce soir, 20h30.

«J’ai décidé d’inviter deux musiciennes pas assez connues à mon sens: Chantal Dumas, électroacousticienne (sampler, disques compacts, son en direct) et Marie-Chantal Leclair, virtuose du saxophone soprano (et leader de l’ensemble Quasar), qui devient une musicienne incontournable», explique Danielle P. Roger.

La carte de jeudi sera aussi immaculée pour la clarinettiste (basse) Lori Freedman, originaire du Manitoba et installée à Montréal depuis un an.

«Elle est une excellente improvisatrice en plus d’être une interprète hors pair au domaine de la musique écrite. Pour cette occasion, elle a choisi de jouer avec René Lussier aux guitares et Normand Guilbeault à la contrebasse. René et Lori, je crois, partagent la même démarche intellectuelle en tant que concepteurs sonores et le même instinct d’instrumentiste.»

La carte de vendredi, souligne-t-on par ailleurs, sera jouée sur le thème de la passion et l’animalité.

«La pianiste Lee Pui Ming, grande virtuose, est un feu total. Elle a approché Joane Hétu (saxophone alto et voix) parce que cette dernière a la même passion, le même feu, le même côté animal.»

La dernière soirée au programme (samedi) se veut une conclusion-synthèse des trois autres. Cette soirée de musiques improvisées pour ensembles à géométrie variable est «un amalgame de rencontres fortuites, va-et-vient entre improvisations pures et concepts préétablis».

«Les musiciennes invitées, explique Danielle P. Roger, écrivent des canevas impliquant jusqu’à sept musiciens; se joindront à Lori Freedman, Joane Hétu, Lee Pui Ming et moi-même Nicolas Caloia à la contrebasse, Aimé Dontigny à la trompette et Chantal Dumas aux instruments électroniques.»

Autre argument de poids pour se rendre au parc Lafontaine à compter de ce soir: ces concerts sont gratuits.

Danielle P. Roger résume sa stratégie: «C’est du développement de public; je veux que le monde vienne voir.»

Improvisation au féminin

Par Bernard Lamarche in Le Devoir (Québec), 1 mai 2002

A la suite de l’événement SuperMicMac de l’an dernier, les Productions SuperMusique présentent dès ce soir la nouvelle série Canevas. Durant quatre jours seront mises en relief les musiques d’improvisation de trois musiciennes parmi les plus actives sur la scène des musiques improvisées canadiennes: la percussionniste Danielle Palardy Roger, la clarinettiste Lori Freedman et la pianiste Lee Pui Ming. Comme SuperMicMac, Canevas vise à mettre en avant la participation des femmes au dynamisme des musiques de création.

A partir d’aujourd’hui et jusqu’à samedi, la série Canevas présente d’abord trois soirées Cartes blanches respectivement autour des musiques de Lee, de Freedman et de Palardy Roger. Ces Cartes blanches seront suivies d’un quatrième concert, samedi, pour un «ensemble à géométrie uariable» formé de Nicolas Caloia, Aimé Dontigny, Chantal Dumas, Freedman, Joane Hétu, Lee et Palardy Roger.

Chaque soirée amène ses invités. Ce soir, Palardy Roger donne la parole à deux figures de la jeune relève: Chantal Dumas dans le créneau de l’art radiophonique et Marie-Chantal Leclair, considérée comme une jeune virtuose au saxophone soprano.

Demain, Lori Freedman a invité Normand Guilbeault (contrebasse) et René Lussier (guitare électrique). Vendredi, Lee, qui vient de sortir I’intrigant Who’s Playing, formera un duo avec Joane Hétu, qui se chargera des voix et du saxophone. Des solos et des duos ponctueront la soirée.

Ironie du sort, au moment ou Pallardy Roger entrera sur scène le gala Femmes de mérite du YWCA aura lieu. Cette année, 36 finalistes ont été retenues, dont trois en arts et culture (Prix femmes de mérite arts et culture). Danielle P. Roger figure dans ce trio avec la productrice Fabienne Larouche et Ginette Noiseux, directrice artistique de l’Espace Go. Ce prix vise à reconnaitre publiquentent le rôle actif de femmes provenaht de plusieurs secteurs d’activité et qui, par leurs réalisations professionnelles et leur engagement social, ont contribué à l’avancement des femmes.

Compositrice et percussionniste, Danielle P. Roger a cofondé en 1979, avec les musiciennes Joane Hétu et Diane Labrosse les Productions SuperMémé SuperMusique. Elle est vice-présidente du Conseil québécois de la musique et membre du conseil d’administration du Centre de musique canadienne.

L’improvisation au féminin

in Le Journal de Montréal (Québec), 15 mars 2002

Danlelle Palardy Roger, Lori Freedman et Lee Pui Ming, trois des musiciennes les plus actives de la scène de l'improvisation, au Canada, sont les têtes d'affiche de la sérle Canevas.

Présentée gratuitement au centre culturel Calixa-Lavallée du parc Lafontaine, la série débute par trois cartes blanches.

La percussionniste Danielle Palardy Roger lance le bal ce soir, suivie de la clarinettiste Lori Freedman, qui sera accompagnée de Normand Guilbeault et René Lussier, puis de la pianiste Lee Pui Ming, accompagnée de Joane Hétu.

La série se termine samedi avec le concert Canevas. auquel participent les trois têtes d'affiche.

Lee Pui Ming: improvisation mixte

Par Stéphanie Bérubé in La Presse (Québec), 30 juin 2001

Cet après-midi, Lee Pui Ming répétera en vue de son concert présenté ce soir, dans la série Jazz contemporain. La pianiste répète aujourd'hui, comme elle l'a fait hier et avant-hier, en compagnie des musiciennes avec qui elle partagera la scène. Pourquoi tant de répétitions? Pour présenter un spectacle totalement improvisé, pardi!

Lee Pui Ming, qui a aujourd'hui plus à voir avec la musique actuelle qu'avec le jazz, fera deux duos ce soir: l'un avec la saxophoniste Joane Hétu, l'autre avec la clarinettiste Lori Freedman, toutes deux québécoises. C'est avec ces deux musiciennes qu'elle a passé le plus clair de son temps depuis son arrivée à Montréal, mercredi soir. «On apprend à établir des liens ensemble; on découvre comment chacune improvise», explique la pianiste née à Hong Kong qui habite Toronto depuis 1985.

C'est la troisième fois que Lee Pui Ming participe au Festival de jazz. «La première fois, c'était dans un centre commercial: au Complexe Desjardins», raconte-t-elle, rappelant que cela avait été tout un défi. Car les spectacles de Lee Pui Ming ne sont pas à la portée de tous. Elle est la première à l'admettre. La pianiste, toute menue, prend beaucoup de place sur une scène. Exubérante - elle pourra laisser échapper un cri de mort au milieu du concert si elle en a envie, elle n'est pas du genre à s'effacer derrière son piano. «Si je décide de bouger une chaise et d'écouter le bruit que ça fait, je vais le faire», dit-elle, précisant qu'effectivement, ses spectacles s'adressent à un public d'initiés. «Ce sont des expériences plutôt que des divertissements.»

En plus de ses passages dans les festivals de jazz, la musicienne s'est produite dans des festivals de musique actuelle, notamment à Victoriaville, et de musique folklorique. Elle a aussi travaillé avec des instruments traditionnels chinois et a étudié la musique classique. Ce qui fait beaucoup de chapeaux pour une si petite dame. «J'ajuste l'angle de mon spectacle selon l'endroit où je me trouve», explique-t-elle.

Ce soir, la pianiste mettra le cap sur le jazz, elle qui est ravie que le Festival de jazz de Montréal, «cette bête à têtes multiples», offre à ses visiteurs une vaste gamme de musiques. Son spectacle débute à 21h, au Musée d'art contemporain, un endroit qui lui sied vraiment mieux qu'un centre commercial. Y entendrons-nous le bruit d'une chaise qui bouge?