Scott Thomson: BELGOrientation

  • Saturday, October 10, 2009
    2:00 pm
Édifice Belgo
372, rue Sainte-Catherine Ouest
métro Place-des-Arts
Événement spécial de la 30e saison 1979-2009: le public est invité à vivre une expérience hors du commun

BELGOrientation is a unique concept bringing together 30 music and dance artists. The audience is invited to take a tour of the four top stories of the magnificent Belgo building. With the help of a score/tour guide (like a rallye map), audience members will proceed from one performance spot to the next, following a schedule that allows them to attend fourteen concerts/performances (between 2pm and 4pm) forming a single evolutive work entitled BELGOrientation. Current languages in music, dance, and visual arts will merge to provide the audience with an unusual experience.The circuit starts at 2pm with the first performances in the first performance spaces, followed by other performances beginning at 20-minute increments in other spaces. Each performance lasts 15 to 20 minutes. The work’s structure is a juxtaposition of improvised instrumental duos, trios, quartets, and choreographies. The audience will move from set to set, each member being able to follow the path laid out or alter it, according to his or her availability and preferences.

Participants

In the press

Musique topographique

Frédérique Doyon, Le Devoir, October 9, 2009

Les trajectoires de 20 musiciens et de 10 danseurs dans les galeries de l’édifice Belgo du centre-ville de Montréal feront écho, demain, aux 30 années de parcours des Productions SuperMusique (PSM). BELGOrientation convie le public à ce dédale auditif, visuel et proprioceptif, sous la gouverne du compositeur topographique de Toronto, Scott Thompson.

«Une partition typique dit aux musiciens quoi jouer, mais pas quand ni où. Ma philosophie, c’est l’envers de ça: mes compositions disent où et quand jouer, mais pas quelle matière», résume ce dernier.

Il crée des mises en situation pour chacune des cinq étapes du spectacle: un violoncelliste et une danseuse dans la galerie Joyce Yahouda du cinquième étage; une saxophoniste, un tromboniste et un danseur dans la galerie [SAS] du quatrième étage. Puis il orchestre leurs déplacements, dans le temps et dans l’espace, faisant la part belle au hasard des rencontres dans les corridors. Un tel langage devient ainsi lisible tant pour un danseur que pour un musicien ou un simple spectateur, lui aussi créateur de la proposition artistique par ses choix.

«Ses partitions sont comme des circuits à l’intérieur desquels les gens se rencontrent et le public décide lui-même son parcours; il n’est pas statique dans la perception de l’œuvre», précise, à propos du compositeur de 34 ans, Joane Hétu, directrice et fondatrice de PSM avec Danielle Pallardy Roger et Diane Labrosse, qui a quitté le navire l’an dernier.

Cette grande fresque mouvante, imprévisible, en devient même impossible à saisir dans son ensemble, ce qui fait aussi partie de son charme.

«Mon inspiration principale, ce sont les musiciens et les danseurs. J’essaie de créer un environnement hors du commun pour leur talent et pour l’expérience du public. Et pour créer cet environnement, je m’inspire de l’architecture spécifique d’un lieu», explique Scott Thompson, à qui le Belgo s’est imposé d’emblée par son amour pour les édifices industriels investis par l’art contemporain.

Cette grande manifestation reflète bien l’esprit qui préside aux créations des PSM, nées Wondeur Brass en 1979, puis Productions SuperMémés jusqu’en 2002. Nouvelles, actuelles, créatives: les noms pour désigner leur genre musical se multiplient, justement parce que ce genre reste fuyant, indomptable, allant des musiques fondées sur des partitions, et interprétées avec des instruments traditionnels, jusqu’aux musiques bruitistes et improvisées à partir de bidules et d’objets courants. Mais surtout, ces musiques ont toujours frayé avec les autres disciplines artistiques (danse, arts visuels, performance) et mélangé les générations d’artistes.

C’est à PSM qu’on doit la perfusion musicale de la superbe installation Each and Every Inch du Cryptic Theater de Glasgow, à l’Usine C en 2002. Les PSM sont aussi entrées dans la danse pour Treize lunes, coproduction avec Danse-Cité qui jumelait 10 danseurs et 10 musiciens.

BELGOrientation convie à son tour autant la relève (Emmanuel Jouthe et les soeurs Lombardo pour la danse, Mélanie Auclair, Rémy Bélanger de Beauport, Antoine Berthiaume pour la musique) que des chorégraphes-interprètes (Louise Bédard, Sophie Corriveau) et des musiciens au long parcours (Pierre Tanguay, Lori Freedman).

«C’est un très grand honneur d’être invité à faire un projet avec PSM, qui est un modèle inspirant pour la diffusion et la promotion des musiques créatives au Canada et à l’étranger», dit Scott Thompson.

… compositions disent où et quand jouer, mais pas quelle matière…