Ignaz Schick + Martin Tétreault ++

  • Wednesday March 10, 2010
    8:00 pm
Goethe-Institut Montréal
1626, boulevard Saint-Laurent #100
Concert + 2 CD Launch, in collaboration with Goethe-Institut Montréal ( part of “Germany Innovation”), Saison Le Vivier, SODEC and DAME

A concert by Montrealer Martin Tétreault and Berliner Ignaz Schick, both well known for their stunning avant-garde approach to the turntable, which they both use record-less, putting on it a wide selection of unusual objects and subjecting it to odd treatments instead. Formed in 2004 at the Gallery for Radiophonic Art in Munich, this duo continues to delve deeper into sonic, organic, and physical frictions, consciously steering clear of new technologies.

“Our music is made with raw materials that have nothing to do with the passive uses of the turntable. We quickly and sharply use our set of home-made sonic tools to produce dialogues of varying speed, volume level, and duration. Recorded live, our music offers lively exchanges where tone arms are playing a sonic sport! These exchanges will get you ears moving...”. Martin Tétreault, August 2009

First part: Nous perçons les oreilles

Two saxophones, two voices; two gargoyles, two satyrs; two forces of nature that agitate, whistle, squeak, scrape, blow, and bite, transforming music into a secular incantation and a banquet of sound. They practice in secrecy, like healers or mediums. Their music is lively, moving, almost “tactile”. The keywords describing Nous perçons les oreilles are: animal, extra-sensory perception, focus, instinct, intimacy, openness, play, presence, rawness, resonance, risk, sincerity, tearing.

Programme

In the Press

Du bruit à la musique

By Laure Henri-Garand in Le Délit français (Québec), March 16, 2010
… l’expérience est enrichissante: elle impose une écoute nouvelle, et place l’auditeur hors du confort du système tonal et harmonique traditionnel.

Le 10 mars dernier, le Goethe-Institut accueillait les Productions SuperMusiques, en collaboration avec la Saison Le Vivier et la maison de Disques DAME, pour un double lancement d’album de musique actuelle.

D’emblée, le concert s’annonçait intime: les quelques soixantedix sièges de la salle McLaren du Goethe-Institut, coin Sherbrooke et Saint-Denis, étaient occupés aux trois quarts quelques minutes seulement avant le début du concert. Un public d’initiés, à en juger par les conversations autour de moi -voilà ce qui arrive lorsqu’on se rend seule à un concert de musique actuelle- qui donnaient l’impression que tous se connaissaient. Intime aussi, la courte présentation de Danielle Palardy Roger, directrice musicale et artistique des Productions SuperMusiques, qui semblait s’adresser à des amis plutôt qu’à un public d’étrangers. Exit les grands discours, c’est la musique qui est à l’honneur ici, une musique qui défie toutes conventions et qui s’inscrit bien au-delà de l’expérience d’écoute traditionnelle. Car voilà le mandat de cet organisme à but non lucratif, fondé en 1979 par trois musiciennes (D. Palardy Roger, J. Hétu, D. Labrosse) aux parcours éclectiques: «promouvoir des musiques créées sans souci du commerce, des modes en vigueur ou des conventions académiques».

Divisé en deux parties, le concert faisait figure de lancement pour les deux ensembles invités, Nous perçons les oreilles, une formation composée de Jean Derome et Joane Hétu (aussi codirectrice des Productions SuperMusiques), ainsi que le duo formé par Ignaz Schick et Martin Tétreault.

Sans cérémonie, Derome et Hétu se sont installés sur la petite scène qui sert normalement de salle de cinéma pour interpréter l’intégrale de leur troisième album, Shaman, une pièce en douze sections d’une trentaine de minutes. Les deux musiciens, qui ont chacun un parcours musical impressionnant, utilisent en plus de leurs instruments respectifs (saxophones, flûte et voix) tout un éventail d’objets-instruments, permettant ainsi une combinaison de textures sonores que viennent mettre en valeur une écoute et une virtuosité évidente. Résultat: une ambiance étrange, faite de couinements et de clapotis presque surréalistes, dans laquelle les concepts musicaux traditionnels -harmonies, gammes, formes, etc.- sont complètements transformés, voire évacués.

Pour la deuxième partie, Ignaz Schick et Martin Tétreault avaient installé leurs tables tournantes (sans disques), ordinateurs portables et autres objets disparates sur deux longues tables au fond de la scène. Plus sobre, le duo a interprété quelques extraits de son dernier album, Live • 33 • 45 • 78, dans lequel il combine des matériaux bruts (bois, métal, plastique, papier…) à l’utilisation novatrice de la table tournante. Schick, qui vit à Berlin, et Tétreault, un montréalais, sont deux habitués de la scène électronique et ont chacun à leur actif un nombre impressionnant de contributions à divers groupes et festivals. Leur musique, pratiquement indescriptible, oscille entre le bruitisme et la musique d’ambiance, tantôt chaotique, tantôt syncopée, mais cherchant toujours visiblement à s’éloigner de tout terrain connu.

Malgré une expérience tout à fait intéressante, ce serait mentir que d’affirmer que ce type de musique est accessible à tous. En l’absence des repères traditionnellement associés à la musique (mélodie, rythme) l’auditeur non-initié se retrouve perdu. Et pourtant, l’expérience est enrichissante: elle impose une écoute nouvelle, et place l’auditeur hors du confort du système tonal et harmonique traditionnel. C’est, on en convient, le propre de la musique expérimentale.