Quintette René Lussier / Eugene Chadbourne

  • Samedi 12 octobre 2002
    20h00
La Chapelle
3700, rue Saint-Dominique

Le guitariste et compositeur René Lussier, figure importante de la scène de la musique innovatrice canadienne, a invité le guitariste américain Eugene Chadbourne, délirant improvisateur bruitiste, pour une soirée à l’énergie furieusement décapante. Lori Freedman (clarinette, clarinette basse), Claude Méthé (violon, mandoline) et Pierre Lavoie (guitare slide), complètent le Quintette où les influences folkloriques (le folk, le blues, le bluegrass, les musiques traditionnelles) côtoient l’improvisation libre.

Coproduit par Productions SuperMusique et Innovations en concert, dans le cadre de l’événement «Guitarévolution».

Dossier de presse

À quoi je joue?… je joue de la guitare

Par Mathieu Gobeil in Le Délit (Québec), 1 octobre 2003

Jusqu’au 12 octobre, les amateurs de guitare électrique et mélomanes avertis seront gâtés. En effet, I’événement Guitarévolution revient cette année, nous offrant la crème des guitaristes nationaux et internationaux dans une série de dix concerts gratuits et payants.

Parmi les artistes présents, il est à noter le trio de guitare Kappa, groupe montréalais alliant jazz, techno, et musique électronique, et le quintette Lussier-Chadbourne qui nous offriront des airs folkloriques, reels, bluegrass et rigodons québécois, apprêtés à la sauce de la musique actuelle. Ceci risquant d’être fort intéressant, ces concerts devraient éventuellement faire I’objet d’un article dans un numéro ultérieur du Délit.

Disques

Par Réjean Beaucage in Voir #828 (Québec), 6 février 2003
… une véritable oasis…

Un disque sur lequel on a eu la bonne idée de mêler des extraits de deux concerts bien différents donnés par Chadbourne et Lussier, le premier à Paris en 1998 et le second à Victoriaville en 2002. La première rencontre du duo était pratiquement improvisée, tandis que celle du FIMAV avait été précédée de plusieurs jours de répétitions. On a donc un agréable mélange dans lequel les deux guitaristes déversent, dans le désordre, du folklore bionique, une bonne dose d’humour, des jeux de guitares ou de banjo complètement tordus, une chanson de Doug Sahm sur Louis Riel, de la podorythmie et tout plein de bonne humeur. C’est en effet une véritable oasis dans un paysage «actuel» où l’on se retient trop souvent de simplement jouer de la musique.

Le champs des possibles

Par Patrick Verret in Quartier Libre #10,4 (Québec), 9 octobre 2002

«Bien sûr, la guitare est très connue, que ce soit dans la pop, le Blues où le jazz, mais nous cherchons à présenter une nouvelle vision de la guitare électrique», explique Tim Brady, compositeur, guitariste et directeur de l'événement. Chaque artiste apporte son point de vue sur l'instrument, I'originalité et la qualité de jeu qui lui est propre. ~Avec GuitaRévolution, dit Tim Brady, on crée un environnement propice à l'exploration de tous les champs possibles de l'instrument tout en formant un lien avec le pub1ic et les artistes. «C'est ainsi qu'on entend successivement, entre autres, un concerto pour guitare electrique, échantillonneur et ensemble de 15 musiciens; un trio de guitare préparée; le duo Heïkalo/Bull de Halifax, accompagné de Bernard Falaise et Pierre Labbé; le trio de guitare Kappa et le quintette de René Lussier et Eugene Chadbourne, bref, autant d'approches musicales que de musiciens.

Autre première mondiale au programme de cette série Évolution et non la moindre: le quintette Lussier/Chadbourne. Le compositeur et guitariste québécois René Lussier et le guitariste américain Eugene Chadbourne, lui aussi compositeur et improvisateur, seront ensemble pour une deuxième fois en sol québécois, aprés une performance mémorable au Festival international de musique actuelle de Victoriaville. Cette fois ci, c'est sous la forme d'un quintene totalement inédit qu'ils se produiront. Des musiciens venant d'univers musicaux différents sont au rendez-vous. Lori Fdedman, clarinetiste de formation classique, habituée des circuits de musique contemporaine et invitée régulière de plusieurs formations de musique actuelle, soul~lera dans ses tuyaux en compagnie de musiciens venant plutôt du milieu des musiques traditionnelles. Claude Mathé violoneux autodidacte et membre fondateur de la formation Réve du Diable et du groupe Entourloupe, se consacre à la musique follklorique québécoise depuis plus de vingt ans. Le guitariste Pierre Lavoie, le moins connu du groupe, joue à revivifier la tradition depuis quelques années avec René Lussier, qu'il a rencontré dans son voisinage entre les Bois-Francs et les Cantons de l'Est. Malgré cette réunlon d'eléments disparates René Lussier n'a aucune crainte quant au résultat de son spectacle. «On réunit des musiciens intelligents, dotés d'une grande capacité d'adaptation. De plus, I'improvisation est présente dans la musique traditionnelle. Tous ces musiciens ont déjà intégré des éléments d'improvisation à un moment dans leur musique et ce ne sera nouveau pour personne, si ce n'est pour Lori, de jouer en compagnie de musiciens issus de cette tradition.»Les musiciens se rencontreront donc pour la première fois deux jours avant le concert, pour nous concocter un moment musical mémorable. Airs folkloriques, reels irlandais, ragtime, bluegrass et rigodon québécois sont donc au programme de cene rencontre inédite, le tout dosé de virtuosité et d'humour espiègle.

Cordes et âme

Par Réjean Beaucage in Voir (Québec), 3 octobre 2002

Tim Brady a un automne chargé. D’abord avec le festival Guitarévolution, présenté à compter de cette semaine par la société Innovations en concert dont il est directeur artistique, puis par une composition pour 20 guitaristes offerte dans le cadre du forum international des arts jeune public Les Coups de Théâtre en novembre, et enfin par un concert de son propre ensemble, Bradyworks, en décembre (sur lequel nous reviendrons). Sans oublier que l’OSM interprétera l’une de ses œuvres les 26 et 27 novembre. Je l’ai rencontré chez lui pour discuter de tout ça.

Ce sera la première fois que l’OSM interprétera une œuvre de Tim Brady lorsque Rafael Frühbeck de Burgos (prédécesseur de Charles Dutoit à la direction artistique de l’OSM) dirigera l’orchestre dans Three or Four Days After the Death of Kurt Cobain, originellement écrite pour piano et violoncelle. Ce n’est pourtant pas sa première œuvre orchestrale. "J’ai beaucoup composé pour orchestre alors que j’étais "jeune compositeur", opine Brady. Parce qu’au moment de sortir de l’école, on se fait dire que si l’on veut être pris au sérieux, il faut composer pour orchestre. Mais j’ai voulu m’impliquer davantage dans la musique qu’en l’écrivant simplement: je voulais aussi la jouer. Et puis, à partir d’un moment, elle est devenue beaucoup plus rythmée, ce qui est difficile à faire passer à l’orchestre. Ça m’a pris presque 20 ans de travail avant de trouver la façon de faire ce genre de musique très rythmée avec un orchestre."

Cette longue recherche ne l’a pas empêché de voir sa musique primée à de nombreuses reprises, et jouée aussi bien à Winnipeg, Pittsburgh ou Philadelphie. Mais il y a de nombreuses contraintes à l’écriture pour orchestre, et le temps de répétition offert n’est pas la moindre. "On m’a déjà donné 25 minutes de répétition pour une pièce de… 20 minutes! lance-t-il. Pour (…) Kurt Cobain, que jouera l’OSM, j’ai essayé de contourner ce problème. Chostakovitch avait une manière de faire une musique qui soit complexe tout en étant pourtant "facile" à jouer, et Lutoslawski aussi. Ça se passe sur le plan de l’écriture. Alors j’ai travaillé là-dessus. Ivan Alexander, de Toronto, a commandé l’orchestration et l’a interprétée à Prague. Ça sonnait très bien. J’ai hâte d’assister aux répétitions avec l’OSM!"

Tim Brady a récemment pu s’exercer davantage à l’art d’écrire une musique qui demeure complexe, tout en étant "facile" à jouer, puisqu’il a dû composer une pièce pour 20 guitares électriques qui sera interprétée par des instrumentistes provenant d’écoles secondaires de la région de Montréal. Sous le titre 20 Jacks 1/4, l’œuvre a été commandée par Les Coups de Théâtre et sera présentée les 21 et 22 novembre à l’Espace chorégraphique Jean-Pierre Perreault. Une version studio de Brady devrait paraître chez Ambiances Magnétiques vers les mêmes dates. "J’ai été impressionné par la qualité de ces jeunes guitaristes, dit Brady, et je pense qu’ils seront de très bons interprètes." Je peux vous dire pour avoir eu droit à quelques extraits que ce sera certainement quelque chose à entendre.

Comme le sera aussi la programmation du festival Guitarévolution, qui débutait le 28 septembre et se poursuit jusqu’au 12 octobre. Le quintette Structural Damage, Nick Didkovsky (Doctor Nerve) et le doublé Wiek Hijmans/Seth Josel se produiront (gratuitement) à la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal, tandis que quatre autres concerts seront donnés au Théâtre La Chapelle. Le trio de guitares de l’ensemble Kappa y sera le 9, les guitaristes Bernard Falaise, Daniel Heïkalo et Arthur Bull, et le saxophoniste Pierre Labbé le 10, tandis qu’André Duchesne, Rainer Wiens et Sam Shalabi se joindront à neuf jeunes guitaristes le 11 pour présenter trois quatuors et une pièce pour 12 guitares. Le festival se terminera le 12 avec René Lussier et Eugene Chadbourne, que l’on a vus en duo à Victo mais qui seront accompagnés cette fois-ci de Lori Freedman (clarinette), Pierre Lavoie (dobro) et Claude Méthé (violon) pour une session de country-folk surréaliste. En plein milieu du festival, soit le dimanche 6, le Nouvel Ensemble Moderne et sa directrice Lorraine Vaillancourt feront la création de Playing Guitar, un concerto pour guitare électrique et grand ensemble de Tim Brady. L’œuvre, d’une cinquantaine de minutes, sera donnée à la salle de concert Oscar-Peterson (7141, rue Sherbrooke Ouest), une magnifique salle qui n’est pas exactement au centre-ville, mais qui vaut amplement le détour. Aussi au programme de ce concert, Brady interprétera des œuvres d’Alex Burton (pour guitare et ordinateur) et de Jean-François Laporte (pour guitare à archet et bande), puis se joindra au duo Traces (Guy Pelletier, flûte et Julien Grégoire, percussions - tous deux du NEM). Un concert à ne pas manquer. Info: www.innconcert.ca.

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