Petit bestiaire — Jonquière 2004

  • Vendredi 28 mai 2004
Café-théâtre Côté-cour
4014, rue de la Fabrique — Jonquière
Petit bestiaire de Diane Labrosse; textes de Guy Marchamps

Petit bestiaire de Diane Labrosse, sur des textes de Guy Marchamps sera présenté au Festival des musiques de création du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Petit bestiaire est une série de pièces conceptuelles pour quintette d’instruments acoustiques et électroniques où se côtoient écriture schématisée, thèmes minimalistes, improvisation, bruitisme et bien sûr, jeu! Les textes de Guy Marchamps, tiré de son Bestiaire, sont de courtes histoires à la fois candides et absurdes.

Dossier de presse

Innovation musicale

Par Marie-Josée Belley in Voir Saguenay/Alma (Québec), 13 mai 2004

On l’a connue dans les années 80 avec des formations comme Wondeur Brass et Les poules. Férue d’improvisation musicale, de rythme et d’expérimentation, Diane Labrosse nous présentera son nouveau projet, Petit Bestiaire, dans le cadre du Festival des musiques de création. Découverte de cette innovatrice québécoise.

La musique actuelle et de création reste à découvrir. Beaucoup de recherches sont faites pour réussir à inventer de nouveaux sons. Et ce talent n’est certainement pas donné à tout le monde. Mais comment en vient-on à choisir ce chemin musical des plus originaux? «C’est un talent que l’on développe, raconte Diane Labrosse. Moi, j’ai beaucoup travaillé mes propres sons avec mon échantillonneur. L’improvisation me permet beaucoup de liberté d’une part, et ça me permet aussi de faire des choses de façon nouvelle tout le temps… ce qui est une chose qui m’attire beaucoup et que je trouve très très vivante. Je suis très attirée par l’improvisation, car ça me permet de garder les choses très libres, de garder la musique en mouvement. Le fait de se renouveler beaucoup est une des choses qui m’attirent dans ce style musical.»

Cela pourra sembler facile d’improviser musicalement. N’importe qui pourrait se dire «Ok, je fais des sons et voilà». Pour Diane Labrosse, cette forme d’art demande un certain talent. «Pour pouvoir improviser, il faut être rapide et à l’aise avec son instrument, explique-t-elle. De plus, il faut être en mesure de répondre rapidement à d’autres musiciens. Il faut aussi être disponible envers les autres… être complètement à l’écoute de ce qui se passe. On doit faire aussi des propositions musicales. On ne peut pas juste être à l’écoute et suivre. Je pense qu’il faut faire des propositions en musique pour que les autres viennent vers nous et puissent aussi nous répondre avec leurs sons.»

Pour comprendre, on peut faire une comparaison avec l’improvisation théâtrale. Les participants préparent chacun de leur côté les sons qu’ils veulent présenter, sans en parler aux collaborateurs qui seront aussi sur scène. Ils les jouent ensuite sur la scène, en suivant les autres pour créer une mélodie. «Il est très rare qu’on se parle avant la prestation pour dire on va faire tel ou tel son, avoue Diane Labrosse. On se met plus dans une prédisposition d’esprit pour y arriver. On doit quand même se préparer. Je passe du temps seule avec mon instrument alors ça m’aide à connaître toutes ses possibilités.»

Petit Bestiaire

C’est le spectacle Petit Bestiaire qui sera présenté au Café théâtre Côté-Cour le 28 mai dans le cadre du Festival des musiques de création. Ce projet est une série de pièces conceptuelles pour quintette d’instruments acoustiques et électroniques, où se côtoient écriture schématisée, thèmes minimalistes, improvisation et bruitisme. Sur des textes de Guy Marchamps, tiré de son Bestiaire, on retrouvera 4 musiciens qui suivront la direction musicale de Diane Labrosse. Lori Freedman sera à la clarinette, Jocelyn Veilleux au cor français et Michel F Côté aux percussions acoustiques et électroniques. De plus, on pourra découvrir Frank Martel avec sa guitare électrique et son theremin, instrument qui permet de jouer avec les variations magnétiques sans qu’on ait besoin de lui toucher.

Même si Diane Labrosse a un gros penchant pour l’improvisation musicale, ce spectacle se veut une création originale et écrite. «C’est un autre style de projet car ce n’est pas purement de l’improvisation. Je travaille beaucoup en improvisation mais je travaille aussi en écriture. Donc, c’est un projet de musiques écrites, mais écrites de façon conceptuelle en laissant beaucoup de place aux interprètes, qui sont de bons improvisateurs eux aussi. J’aime beaucoup les deux aspects, composer et improviser. J’aime aller de l’un à l’autre. Ces deux aspects sont très différents. Le fait de travailler en composition et en improvisation me permet un plus large éventail d’activités musicales. Lorsqu’on crée un projet comme Petit Bestiaire, on se fait un canevas de travail, c’est-à-dire que je choisis quel esprit sonore je cherche. Par la suite, on essaie les pièces ensemble… on les fait évoluer en répétition. À ce moment, c’est déjà une forme d’écriture plus conceptuelle.» Même si Petit Bestiaire est un projet composé, Diane laisse quand même de la place à la liberté. «Il y a des espaces aménagés pour des solos improvisés. Petit Bestiaire, c’est un projet à mi-chemin entre la chanson et des textes poétiques sur de la musique. Il y a des pièces qui sont vraiment de la musique écrite comme on la connaît et des chansons un peu plus théâtrales parfois.»

La musique improvisée: avant-gardiste?

Considérée marginale au départ, la scène de la musique actuelle est très active au Québec et dans le monde. Diane Labrosse se promène beaucoup pour présenter ses nouvelles sonorités. «Dans les dernières années, j’ai fait pas mal de concerts avec d’autres musiciens partout au Japon. Je suis allée en Australie cette année et je vais régulièrement en Europe et aux États-Unis. Je vais présenter mon duo de musique improvisée, avec Martin Breault, dans plusieurs festivals. On fait pas mal de tournées.»

À voir sa feuille de route et tous les noms qui seront présents au Festival des musiques de création, on se demande pourquoi cette musique demeure dans les sentiers parallèles. Joue-t-elle un rôle précurseur, cette musique? «Je ne sais pas, avoue Diane Labrosse. Je pense que la musique de création est en avance ou en dehors de ce qui se fait actuellement. On compose des rythmiques, des superpositions, des approches sonores qui sont un peu ailleurs de ce qui se passe sur les scènes conventionnelles ou dans les musiques populaires.» Ce sera donc au public de juger si les sons que l’on découvrira lors du Festival sont vraiment annonciateurs de ce qu’on entendra comme musique dans l’avenir.

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