Coupure de presse

Place à l’impro musicale

Par Frédérique Doyon in Le Devoir (Québec), 28 janvier 2004

L’improvisation n’est plus l’apanage du jazz ou de la musique actuelle, c’est un moteur de découvertes, tous styles musicaux confondus. Tel est le credo de la quatrième semaine de musique thématique organisée par la Société québécoise de recherche en musique (SQRM), Les journées québécoises de l’impro en musique.

Le nouveau coordonnateur artistique de l’événement, Jérôme Blais, qui a pris le relais de Sean Ferguson, veut ainsi mettre l’accent sur «le décloisonnement des disciplines musicales en improvisation», phénomène prégnant depuis quelques années. «Même s’il n’y a pas de concert commun où ils partagent la même scène, tous les artistes présentés ont une préoccupation commune qui est non seulement l’avancement de l’impro, mais la découverte de nouvelles formes d’expression», explique-t-il. D’où une programmation qui puise dans plusieurs genres musicaux.

Outre le jazz représenté par les compositeurs Thom Gossage (30 janvier) et Steve Lacy (31 janvier), et la musique actuelle de l’ensemble SuperMusique (5 février) qui compte notamment les musiciens Jean Derome et Diane Labrosse, Les journées de l’impro présentent également l’ensemble de musique ancienne moyen-orientale Constantinople, le quatuor de musique contemporaine Quasar ainsi que Codes d’accès, qui explore les nouvelles technologies et le traitement électronique.

«C’est un peu des cartes blanches : on a demandé aux artistes de nous dire, par le biais d’un concert, où en sont leurs recherches sur l’improvisation, de nous montrer ce qu’ils ont de plus innovateur», précise M. Blais. L’explosion de l’improvisation et les croisements entre genres musicaux s’opèrent aussi à l’intérieur d’une même soirée. «Thom Gossage, qui est un musicien de jazz, va créer une œuvre de Rainer Wiens, plus connu en musique actuelle; SuperMusique passe une commande au compositeur Jean-François Laporte, qui est plutôt associé à la musique de concert contemporaine mais qui fait une exploration très originale sur le son et le timbre», cite en exemple le coordonnateur.

En axant la quatrième édition de son événement biennal sur l’improvisation, la SQRM rompt avec ses trois autres semaines thématiques menées sous la gouverne de Sean Ferguson. Celles-ci se concentraient chacune sur un type d’instrument (le piano en 1997, la voix en 1998 et les cordes en 2001). Mais cette quatrième édition s’inscrit dans le même esprit de démocratisation de la recherche musicale à laquelle aspirait la SQRM en créant les semaines thématiques en 1997.

L’organisme de recherche s’est alors doté d’un volet concerts pour «briser ses réflexes académiques» qui prenaient déjà la forme de colloques, de conférences et de publications d’articles. Pour faire le pont entre ces deux types d’activité, une table ronde intitulée «L’improvisation peut-elle sauver la musique ?» s’insère au milieu des performances musicales des Journées québécoises de l’impro en musique, le 1er février.